Dakar a accueilli, le 24 janvier dernier à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), une rencontre scientifique maroco-sénégalaise consacrée aux urgences abdominales, plaçant la sensibilisation, la prévention et la coopération Sud-Sud au centre des enjeux de santé publique. L’initiative est portée par une équipe marocaine composée du Dr Issam Hamrerras, chirurgien spécialisé en chirurgie du tube digestif et générale, et de la journaliste Nabila Bakkass, du Groupe Le Matin.
Organisée en partenariat avec la Ligue des Étudiants Marocains au Sénégal et le Collectif des Médecins Marocains au Sénégal, cette deuxième rencontre scientifique maroco-sénégalaise a réuni des étudiants, futurs professionnels de santé et acteurs universitaires sénégalais et marocains autour du thème : « Les douleurs abdominales aiguës : quand consulter en urgence ? ».
Une initiative scientifique ancrée dans une coopération historique
Dans son allocution d’ouverture, Nabila Bakkass, journaliste au Groupe Le Matin, a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans la continuité des relations historiques, solides et fraternelles entre le Sénégal et le Maroc, fondées sur le partage, la solidarité et la coopération multidimensionnelle. Elle a souligné que, malgré certains contextes régionaux sensibles, les liens entre les peuples africains demeurent résilients et porteurs d’avenir.
Mieux comprendre les douleurs abdominales aiguës
Au cœur des échanges, le Dr Issam Hamrerras, chirurgien du tube digestif et de la chirurgie générale, a insisté sur la nécessité de démystifier les douleurs abdominales aiguës, souvent banalisées par les populations. Selon le spécialiste, ces douleurs, d’apparition récente, brutale ou rapidement progressive, peuvent être bénignes mais aussi révéler des urgences médicales ou chirurgicales engageant le pronostic vital.
« La douleur abdominale aiguë ne doit jamais être prise à la légère. Elle peut masquer des pathologies graves nécessitant une prise en charge immédiate », a expliqué le Dr Issam Hamrerras devant les participants.
Des signes de gravité à ne pas négliger
Poursuivant son intervention, le Dr Issam Hamrerras a détaillé les signes d’alerte devant conduire à une consultation en urgence : douleur intense et persistante, fièvre associée, arrêt des selles et des gaz, ou encore présence de sang dans les vomissements ou les selles.
Parmi les urgences abdominales les plus fréquentes, le Dr Issam Hamrerras a cité l’appendicite aiguë, l’occlusion intestinale, la cholécystite aiguë, la pancréatite aiguë et les traumatismes abdominaux.




Une prise en charge rapide, facteur déterminant
Selon le Dr Issam Hamrerras, le diagnostic repose sur un examen clinique rigoureux, complété par des analyses biologiques et des examens d’imagerie médicale tels que l’échographie ou le scanner. « La rapidité de la prise en charge améliore considérablement le pronostic, qu’il s’agisse d’un traitement médical ou d’une intervention chirurgicale en urgence », a-t-il souligné.
Le spécialiste a rappelé que le traitement peut être médical — perfusion, antibiotiques, antalgiques — ou chirurgical, selon la cause identifiée.
La prévention au cœur du message médical
Insistant sur la prévention, le Dr Issam Hamrerras a appelé les populations à consulter précocement en cas de douleur persistante, à éviter l’automédication et à assurer un suivi régulier des maladies digestives chroniques.
« Toute douleur abdominale aiguë, inhabituelle ou intense, ne doit jamais être négligée. Consulter rapidement peut sauver la vie et éviter des complications graves », a martelé le Dr Issam Hamrerras.
Une dynamique appelée à se poursuivre
À l’issue de la rencontre, les organisateurs ont salué la forte mobilisation des étudiants sénégalais et marocains et exprimé leur volonté de poursuivre ces initiatives de sensibilisation médicale au Sénégal et dans d’autres pays africains. Une autre conférence, organisée le 22 janvier à l’UCAD autour du syndrome du côlon irritable, est venue renforcer cette dynamique.
Pour les initiateurs, ces rencontres rappellent que la santé publique et la dimension humaine demeurent au cœur de toute coopération africaine durable, fondée sur le respect, la proximité et le partage des savoirs.

Boudal NDIATH