Au lendemain de sa nomination à la tête d’Air Sénégal en août 2024, M. Tidiane Ndiaye a hérité d’une compagnie au bord du dépôt de bilan. Ses prédécesseurs lui ont légué une dette globale estimée à 118 milliards CFA ; sans compter près de 140 milliards CFA de pertes cumulées sur les exercices 2022 et 2023. Face à cette situation, on se demande comment le Dg Tidiane Ndiaye a réussi la prouesse, voire le miracle d’éviter la faillite de notre fleuron aérien, malgré la lenteur dans l’apurement des dettes au niveau du ministère des Finances et celui des Transports aériens qui se renvoient la balle du… laxisme d’Etat. Le président de la République Bassirou Diomaye Faye est sollicité pour un arbitrage d’urgence afin de sauver Air Sénégal. Surtout pour faire face à un fort taux de réservation des milliers de passagers et touristes en vue des JOJ/ Dakar 2026.
Sous l’ancien régime du président Macky Sall, la compagnie nationale Air Sénégal aurait été sacrifiée, puis financièrement déplumée sur l’autel de la corruption, de la gabegie, du clientélisme et de la mauvaise gestion. Au lendemain de sa nomination à la Direction générale d’Air Sénégal Sa en août 2024, M. Tidiane Ndiaye, connu pour sa compétence et son sens du management, n’aurait jamais imaginé avoir hérité d’une compagnie au bord de la faillite. La preuve par les chiffres d’une situation financière et opérationnelle fortement dégradée : une dette globale estimée à 118 milliards CFA dont 52 milliards CFA envers des partenaires privés et autres fournisseurs et 66 milliards CFA destinés aux structures publiques. Pour les exercices 2022 et 2023, les pertes cumulées sont estimées à prés de 140 milliards CFA.
Au‐delà de ces chiffres alarmants, le nouveau Dg Tidiane Ndiaye s’est fait « fourguer» une flotte opérationnelle réduite à 50 % de sa capacité initiale avec un risque réel de rupture d’exploitation à court terme. Et pourtant ce « court » terme est en passe de devenir un long terme. Le Dg Tidiane Ndiaye a réussi le miracle de maintenir en vie la compagnie nationale. Mais pour combien de temps ? La question trouve sa réponse dans l’apurement immédiat de la dette globale dont la lenteur des procédures de décaissement est décriée par les experts et consultants.
En poussant ses investigations, « Le Témoin » a appris que malgré les instructions fermes du président de la République et de son Premier ministre pour décanter la situation financière, certains cadres d’Air Sénégal tapis dans l’ombre tirent les ficelles du sabotage, d’où la lenteur au ni‐ veau du ministère des Finances et celui des Transports aériens qui se renvoient la balle, nous confie‐t‐on. Hélas ! Chaque jour qui passe aggrave la crise financière d’Air Sénégal. Dans le monde des créances et des contentieux financiers, des retards de paie‐ ment accumulés peuvent élargir la dette.
Pour la petite et triste histoire, un conseil interministériel consacré à la relance d’Air Sénégal s’est tenu le 3 avril 2025, sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko. Plusieurs décisions structurantes ont été prises : l’apurement des dettes d’exploitation, la mobilisation d’un fonds de roulement, la reconstitution des fonds propres et la création de filiales spécialisées (Air Sénégal Express, Téranga hôtel, École de formation, Air Sénégal cargo, Téranga catering, 2AS, Centre industirel de Diass, Société de gestion aéro‐ portuaire, 2AS Technics, Téranga online etc). Ces orientations ont été réaffirmées lors du conseil des ministres du 11 février 2026, avec instruction d’une mise en œuvre dans un délai de 30 jours. Le 16 mars 2026, un nouveau conseil interministériel a eu lieu pour voir l’état d’avancement des orientations du conseil des ministres. Au cours de cette réunion, la Direction générale d’Air Sénégal a ainsi présenté l’avancée dans la mise en place des relevés de décision et de création des filiales indiquées.
Sur les sept (7) mesures clés, celles conférées à Air Sénégal SA ont toutes été exécutées à la lettre. A titre d’exemple, l’on peut citer : le redimensionnement de la flotte, l’audit de l’IGE, la création Air Sénégal Express etc.. Ces trois mesures de sauvetage d’urgence !
Malgré un contexte d’exploitation contraignant, la Direction générale d’Air Sénégal a engagé plusieurs mesures de rationalisation et d’optimisation. Ces actions ont permis d’obtenir des résultats significatifs : réduction du déficit de 24 % entre 2024 et 2025, et baisse des charges d’exploitation de 11,5 % (sur les frais des passagers).
Selon certains experts et consultants de l’Etat, ces performances du Directeur général Tidiane Ndiaye et ses proches collaborateurs ont été réalisées dans un contexte difficile marqué par une flotte fortement réduite et un recours important aux avions exploités en location (ACMI) « Compte tenu de cette situation contraignante, Air Sénégal a continué d’assurer le paiement des salaires de ses employés sans solliciter l’État », se réjouit un conseiller technique proche du dossier Air Sénégal, avant de souligner que les efforts engagés ont permis de réduire significativement certaines créances envers les partenaires privés.
En revanche, la dette envers les structures publiques est aujourd’hui estimée à 94 milliards cfa. En effet, un mécanisme de compensation des dettes croisées entre entités publiques, en court de formalisation, pourrait permettre d’effacer environ 71 mil‐ liards CFA. Malgré tous les efforts consentis par la compagnie nationale composée de cadres à l’expertise avérée, plusieurs décisions structurantes visant à sauver définitivement Air Sénégal restent toutefois en attente de mise en œuvre. Il s’agit de l’apurement total de la dette, la mobilisation du fonds de roulement et la reconstitution effective des fonds propres de la compagnie. Vous conviendrez avec nous que ces trois décisions‐clés dépassent les compétences financières d’Air Sénégal. Donc il revient à l’Etat du Sénégal incarné par le président de la République de faire exécuter ces décisions.
A défaut, l’Etat risque de fragiliser davantage l’exploitation de la flotte, saper la confiance des contrats de location et dégrader les relations avec certains partenaires compte tenu du positionnement stratégique du Sénégal dans la compétition régionale entre hubs aériens.
Source :Pape Ndiaye
Le Témoin