Depuis le 14 avril 2026, le Sénégal accueille une mission stratégique de haut niveau sur le transfert de technologie à ARN messager. Portée par l’Organisation mondiale de la Santé et ses partenaires. Une initiative qui vise à poser les bases d’une souveraineté vaccinale africaine, en s’appuyant notamment sur l’expertise de l’Institut Pasteur de Dakar.
Le Sénégal franchit une nouvelle étape décisive vers son autonomie sanitaire. En effet, depuis le 14 avril, le pays de la téranga accueille une mission stratégique de haut niveau consacrée au transfert de technologie à ARN messager (ARNm). Ce qui est considérée comme une innovation clé dans la production de vaccins et de traitements de nouvelle génération.
Le lancement officiel de la mission qui a réuni les principales parties prenantes (autorités nationales, experts internationaux, partenaires techniques et institutions scientifiques) s’est tenu au Hub des Urgences Sanitaires de Diamniadio. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique mondiale post-Covid-19, marquée par une volonté affirmée des pays africains de réduire leur dépendance aux importations et aux dons de vaccins. Avec un objectif clair : renforcer les capacités locales de production de vaccins et accélérer le développement de solutions biomédicales innovantes en Afrique.
Durant cette rencontre, le représentant de l’OMS au Sénégal, Michel Yao, a souligné l’importance stratégique de cette mission. Selon lui : « La pandémie de Covid-19 a révélé les limites du continent africain en matière d’accès aux vaccins, souvent tributaire de l’extérieur. » D’où l’engagement de l’OMS et de ses partenaires, dont le Medicines Patent Pool, pour faciliter un transfert de technologie permettant à l’Afrique de produire elle-même ses vaccins et traitements innovants.
Le choix du Sénégal comme pays pilote n’est pas fortuit. Le pays dispose déjà d’atouts majeurs, notamment l’expertise reconnue de l’Institut Pasteur de Dakar dans la production vaccinale. L’ambition est désormais de faire de cette institution un leader régional, capable de porter cette dynamique au bénéfice de toute l’Afrique de l’Ouest et du continent.
Le Dr Yao a également insisté sur le rôle de l’OMS dans l’accompagnement technique du processus, notamment à travers le renforcement du système de régulation pharmaceutique. Le Sénégal a d’ailleurs atteint le niveau 3 en matière de réglementation des médicaments, un gage de crédibilité et de conformité aux standards internationaux.
Enfin, la présence d’experts venus de Genève et de partenaires spécialisés dans la gestion des brevets vise à garantir un transfert de compétences encadré, respectant les normes de qualité et de sécurité. Un point crucial pour lever toute méfiance quant à la qualité des vaccins produits localement.
Avec cette initiative, le Sénégal se positionne à l’avant-garde d’une nouvelle ère : celle d’une Afrique capable de concevoir, produire et distribuer ses propres solutions de santé, en toute souveraineté.
Mbagnick DIOUF