En déplacement à New York, en marge d’échanges avec des acteurs de la société civile aux Nations unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall est revenu sur les violences survenues à la fin de son mandat. Il a livré sa lecture des événements tout en défendant les décisions prises par son gouvernement durant cette période.
Face à ses interlocuteurs, l’ex-chef de l’État a dénoncé des tentatives d’accession au pouvoir par la violence, estimant que certains acteurs avaient cherché à exploiter un contexte de tension pour déstabiliser les institutions. Il a évoqué des actes de destruction visant des biens publics et privés, des attaques contre des médias, des menaces contre des magistrats, ainsi que des violences dirigées contre des responsables politiques et leurs domiciles.
Macky Sall a également cité des infrastructures stratégiques touchées, notamment des chantiers du Train express régional (TER) et du Bus Rapid Transit (BRT), ainsi que des incidents ayant entraîné des pertes en vies humaines dans les transports publics. Selon lui, ces événements représentaient une menace pour la stabilité du pays et ont justifié l’intervention des autorités pour rétablir l’ordre.
L’ancien président a par ailleurs affirmé que les dossiers liés à ces violences ont été traités par la justice sénégalaise dans le cadre légal. Il a rejeté toute responsabilité personnelle dans les accusations de répression, indiquant qu’aucun ordre n’avait été donné pour s’en prendre à des manifestants.
Revenant sur la fin de son mandat, Macky Sall a défendu la loi d’amnistie adoptée dans un contexte de crise, qu’il présente comme une mesure d’apaisement national. Selon lui, cette décision visait à éviter une escalade et à préserver la stabilité du pays, malgré des réticences internes.
Il soutient que cette loi a permis la libération de détenus et facilité l’organisation d’un processus électoral apaisé, ayant conduit à une alternance démocratique. Pour lui, cette transition témoigne de la solidité des institutions sénégalaises.
Enfin, l’ancien chef de l’État a indiqué que toute éventuelle remise en cause de cette période relève désormais des autorités en place, notamment à travers une possible révision ou abrogation de la loi d’amnistie, qui pourrait permettre de rouvrir certains dossiers.
À travers cette prise de parole, Macky Sall entend défendre son bilan et sa gestion des crises de fin de mandat, dans un contexte où il poursuit des ambitions internationales, notamment au sein des Nations unies.
Boudal NDIATH