Le climat politique se tend davantage autour de la réforme du Code électoral. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a annoncé, ce jeudi 8 mai, son refus de prendre part à la seconde lecture de la proposition de loi portant modification de l’article L29 et suppression de l’article L30, relatifs notamment aux questions d’inéligibilité.
Dans un communiqué au ton ferme, les députés de l’opposition dénoncent une procédure menée « dans la précipitation » par le président de l’Assemblée nationale, qu’ils accusent de violer le règlement intérieur de l’institution parlementaire.
Cette nouvelle séquence intervient après la décision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de demander une seconde lecture du texte controversé, comme l’avait précédemment suggéré le groupe Takku Wallu Sénégal.
Selon l’opposition parlementaire, le traitement du dossier s’est fait à un rythme inhabituellement rapide : réunion du bureau de l’Assemblée nationale dans la matinée, conférence des présidents dans l’après-midi, passage devant la Commission des Lois dans la foulée, avant une programmation de la séance plénière dès le lendemain.
Pour Takku Wallu Sénégal, cette célérité ne se justifie pas. Le groupe estime qu’aucune disposition ne nécessitait d’« épuiser en quelques heures » une procédure qui, même en cas d’urgence déclarée, devrait normalement s’étendre sur plusieurs jours.
Les députés dénoncent ainsi une « violation manifeste » des règles internes de l’Assemblée nationale et reprochent au président de l’institution d’avoir ignoré les réserves formulées par certains parlementaires. Ils affirment refuser de cautionner ce qu’ils qualifient de « forcing » et de « forfaiture ».
Dans son communiqué, le groupe parlementaire accuse également le pouvoir de vouloir instrumentaliser l’Assemblée nationale dans un affrontement politique plus large. Les opposants estiment que l’hémicycle ne doit pas devenir « le bras armé d’un groupuscule » engagé dans un bras de fer avec le chef de l’État.
Takku Wallu Sénégal va plus loin en évoquant l’installation d’une véritable « crise institutionnelle », désormais transposée au sein du Parlement. Une sortie qui illustre la montée des tensions autour de cette réforme électorale aux fortes implications politiques.
Boudal NDIATH