Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision ce mardi 17 juin 2026 concernant le recours introduit par Tafsir Thioye et dix-sept autres députés de l’opposition contre la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. La haute juridiction s’est déclarée incompétente pour examiner la décision prise le 24 mai 2026 par le Bureau de l’Assemblée nationale, mettant ainsi un terme, du moins sur le plan judiciaire, à la contestation engagée par les parlementaires de l’opposition.
Dans sa décision, délibérée sous la présidence par intérim d’Aminata Ly Ndiaye, le Conseil constitutionnel estime que l’acte contesté ne relève pas de son champ de compétence. Il s’appuie notamment sur l’article 92 de la Constitution, qui lui confère la mission de veiller à la régularité des élections nationales jusqu’à la proclamation des résultats définitifs.
Selon les juges constitutionnels, la décision de réintégration d’Ousmane Sonko est intervenue plusieurs mois après les élections législatives du 17 novembre 2024 et ne s’inscrit pas directement dans le cadre du processus électoral. Elle concerne exclusivement le retour au Parlement d’un membre du gouvernement élu député après la cessation de ses fonctions ministérielles.
Cette décision met fin à la procédure initiée par dix-huit députés de l’opposition, parmi lesquels Tafsir Thioye, Daouda Dia, Raqui Diallo, Aïssata Ousmane Diallo, Amadou Diallo, Mamadou Diaw, Thérèse Faye, Barane Fofana et Abdou Mbow. Les requérants avaient notamment dénoncé des difficultés pour obtenir les documents nécessaires à leur recours, affirmant avoir dû faire appel à un huissier après le refus de certains responsables administratifs de l’Assemblée nationale de les leur transmettre.
Si le volet judiciaire semble désormais clos, le débat politique demeure ouvert. Ousmane Sonko conserve son statut de député et continue de présider une Assemblée nationale largement dominée par la majorité Pastef, forte de 130 sièges sur 165. Dans un contexte marqué par des tensions croissantes au sommet de l’État, la suite de ce dossier devrait désormais se jouer sur le terrain politique et parlementaire plutôt que devant les juridictions.
Boudal NDIATH