Réunie ce vendredi 27 juin à Dakar, la société civile sénégalaise, regroupée au sein de la coalition AAR SUNU CONSTITUTION, a tenu un point de presse pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « tripatouillage de la Constitution » par la majorité parlementaire. Les membres de la coalition ont appelé les députés à ne pas porter atteinte aux droits des Sénégalais et à faire preuve de responsabilité avant l’examen de la proposition de loi portant révision de la Constitution.
Prenant la parole au nom de la coalition, Elimane Kane a lancé un appel aux parlementaires ainsi qu’au chef de l’État.
« Nous appelons l’Assemblée nationale sénégalaise de ne pas violer les droits des Sénégalais. Nous appelons les députés à se ressaisir parce que ce n’est pas trop tard. J’espère également que le président de la République va prendre en compte le courriel que nous lui avons envoyé », a affirmé Elimane Kane, membre de la société civile et de la coalition AAR SUNU CONSTITUTION.
Pour la société civile, le processus ayant conduit au vote de cette proposition de loi s’est déroulé dans une précipitation préoccupante. Selon Elimane Kane, une réforme constitutionnelle mérite une démarche plus inclusive et transparente.
« Pourquoi accélérer une réforme aussi importante qui concerne la Constitution du Sénégal, qui n’est pas un simple texte ? C’est un pacte avec les citoyens et ce pacte, il faut le gérer comme il se doit, c’est-à-dire qu’il faut une procédure pour toucher à ce texte. Nous nous sommes inquiétés de cette procédure accélérée, mais également nous nous sommes inquiétés par rapport au moment. Changer la Constitution au moment où il y a un conflit ouvert constaté entre l’exécutif et l’institution de l’Assemblée nationale occupée par le parti majoritaire. Cette Constitution ne doit pas être un moyen pour gérer ce conflit ponctuel, qui est un conflit partisan, qui n’engage pas le peuple sénégalais dans son entièreté. C’est pourquoi nous nous sommes dit que ce ne sont pas des enjeux de pouvoir qui doivent présider au tripatouillage de notre Constitution. En plus de ça, nous ne savons pas ce qui va être voté », a renchéri Elimane Kane.
Dans le même esprit, Marem Kanté, membre de La Plume Citoyenne et de la coalition AAR SUNU CONSTITUTION, a insisté sur la nécessité d’une plus grande transparence autour des modifications envisagées.
« Est-ce que nous devons laisser les députés décider de notre destinée ? Qui parmi vous connaît les 30 points modifiés dans la Constitution ? Moi, je ne les connais pas parce qu’on ne me les a pas communiqués. Au nom de la transparence, il appartient à chacun de jeter un coup d’œil dans les changements qui vont être opérés dans la Constitution, qui est notre charte fondamentale », a affirmé Marem Kanté.
À travers cette sortie médiatique, la coalition AAR SUNU CONSTITUTION réaffirme sa détermination à poursuivre son combat pour la préservation de la Constitution sénégalaise. La société civile estime que la Loi fondamentale constitue le socle de la stabilité institutionnelle du pays et appelle les autorités à privilégier le dialogue, la transparence et le respect des principes démocratiques dans toute réforme constitutionnelle.
Boudal NDIATH