Le ministère de l’Énergie et du Pétrole a publié, ce mardi 4 août 2026, un communiqué destiné à clarifier les mécanismes de partage des revenus issus de l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar. Cette mise au point intervient après la diffusion de déclarations selon lesquelles le Sénégal ne percevrait que « 25 francs sur 1 000 000 de francs de pétrole vendu ».
Dans son communiqué, le département ministériel qualifie cette affirmation de « manifestement erronée ». Il explique qu’elle repose sur une confusion entre les recettes brutes générées par la vente du pétrole, les coûts de développement et d’exploitation du projet récupérés par les investisseurs, et le mécanisme de partage de production défini par le Contrat de recherche et de partage de production (CRPP).
Pour illustrer son argumentation, le ministère s’appuie sur les résultats du premier trimestre 2026. Au cours de cette période, le champ de Sangomar a produit un total de 8 963 359 barils de pétrole, pour une valeur brute estimée à 759,2 millions de dollars.
Sur cette production, l’État du Sénégal a directement reçu 437 839 barils, représentant une valeur d’environ 37,1 millions de dollars. Le ministère souligne toutefois que cette part ne reflète pas l’ensemble des revenus publics liés à l’exploitation du champ.
En effet, cette recette directe s’ajoute à d’autres sources de revenus, notamment la quote-part économique revenant à Petrosen, la compagnie pétrolière nationale, ainsi qu’aux impôts, taxes et autres prélèvements fiscaux acquittés dans le cadre de l’exploitation.
À travers cette communication, le ministère de l’Énergie et du Pétrole entend ainsi rétablir les faits et rappeler que l’évaluation des bénéfices tirés de l’exploitation pétrolière ne peut se limiter à une lecture des seules recettes brutes. Selon les autorités, le système de partage de production prévu par le CRPP repose sur un mécanisme contractuel précis qui garantit à l’État plusieurs canaux de perception de revenus tout au long de la vie du projet.
En 2025, les ventes de pétrole brut ont généré 1 528 milliards de FCFA, contre 464,6 milliards de FCFA en 2024, soit une progression de plus de 1 000 milliards de FCFA en une seule année, selon les statistiques commerciales de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
Boudal NDIATH