Produits périmés, défauts de visite médicale, mauvaises conditions d’hygiène… À Thiès, le Service d’hygiène multiplie les contrôles pour protéger les consommateurs. Jusqu’à 300 à 400 convocations sont délivrées certains mois et près de 20 tonnes de produits impropres à la consommation ont récemment été retirées et incinérées. Au marché central de Thiès, la sécurité sanitaire des aliments fait l’objet d’une surveillance régulière. Autorisation d’ouverture, hygiène des locaux, état de santé des personnes manipulant les denrées, conditions de conservation et contrôle des produits périmés : le Service d’hygiène intervient à plusieurs niveaux pour limiter les risques sanitaires.
Lors d’une visite des membres de l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), organisée dans le cadre d’un projet de sensibilisation des communautés à la sécurité alimentaire, avec l’appui de la FAO, l’adjudant-chef Damien Ndione, chef de la sous-brigade départementale d’hygiène de Thiès, a détaillé le dispositif de contrôle.
Des commerces soumis à inspection
L’ouverture d’un commerce alimentaire ne devrait pas se faire sans contrôle préalable. Une commission départementale de protection civile, présidée par le préfet et réunissant notamment les services d’hygiène, de sécurité et de l’urbanisme, procède à l’inspection des locaux après le dépôt d’une demande d’autorisation.
Ventilation, aération, sanitaires, capacité d’accueil et conditions générales d’exploitation sont notamment vérifiées. En cas de non-conformité, l’autorisation peut être refusée ou assortie de recommandations et de travaux correctifs.
Les manipulateurs d’aliments sous surveillance
Le respect des règles sanitaires concerne également les personnes qui manipulent les denrées. Selon le responsable de l’hygiène, l’article L.49 du Code de l’hygiène prévoit une visite médicale obligatoire tous les six mois, sanctionnée par un certificat d’aptitude à la manipulation des aliments. Mais lors des contrôles, les agents vérifient aussi l’état apparent des manipulateurs. Certaines affections, notamment au niveau des mains, peuvent justifier l’interdiction temporaire de manipuler les denrées afin d’éviter toute contamination.
300 à 400 convocations certains mois
Les contrôles sont généralement inopinés afin de permettre aux agents de constater les conditions réelles de vente et de conservation des aliments. Restaurants, boutiques, marchés, supermarchés, écoles et autres lieux recevant du public peuvent être inspectés.
À Thiès, la sous-brigade délivre en moyenne 300 convocations par mois, avec des pics pouvant atteindre 300 à 400. Les infractions concernent notamment les défauts de visite médicale, la commercialisation de produits périmés, les problèmes d’assainissement ou encore les vidanges sauvages. Pour l’adjudant-chef Diagne, la sensibilisation reste essentielle : « Une personne sensibilisée, c’est une infraction en moins. »
20 tonnes de produits impropres incinérées
La lutte contre les produits périmés constitue l’un des principaux volets du dispositif. En collaboration avec les services du Commerce et de la Justice, les agents retirent immédiatement les denrées impropres à la consommation afin d’éviter leur remise en circulation.
Une récente opération a ainsi abouti à l’incinération d’environ 20 tonnes de produits impropres à la consommation, composés notamment de boissons et de biscuits.
Ces chiffres rappellent l’importance d’une vigilance constante, aussi bien de la part des autorités et des commerçants que des consommateurs, pour garantir une alimentation sûre et préserver la santé publique.
Mbagnick DIOUF