Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) passe à l’offensive. Après l’expiration de son préavis de grève le 9 août dernier, le syndicat dénonce l’absence de réponse satisfaisante des autorités à sa plateforme revendicative et annonce une grève de 48 heures les 8 et 9 septembre 2026. Les urgences et le service minimum seront maintenus.
Le bras de fer se durcit entre le SAMES et les autorités. Lors d’une conférence de presse tenue lundi 31 août 2026, le secrétaire général national du syndicat, Dr Diabel Dramé, a annoncé l’entrée officielle de l’organisation en phase de lutte syndicale. Selon lui, cette décision intervient après plusieurs tentatives de dialogue et une longue période d’attente. Le syndicat rappelle que son préavis de grève est arrivé à échéance le 9 août 2026, sans réponse jugée satisfaisante.« Le SAMES entre officiellement en phase de lutte syndicale », a déclaré Dr Dramé, précisant que le syndicat reste toutefois ouvert à des négociations sérieuses avec les autorités.
Grève de 48 heures les 8 et 9 septembre
Le plan d’action prévoit des assemblées générales dans les zones et sections à partir du 2 septembre, ainsi que des points de presse locaux. La principale étape sera une grève totale de 48 heures les mardi 8 et mercredi 9 septembre 2026. Le SAMES annonce le maintien des urgences et du service minimum, avec le port d’un brassard rouge par les professionnels mobilisés.
Une évaluation du mouvement est prévue le 10 septembre, afin de déterminer les suites à donner à la mobilisation.
Une plateforme revendicative à plusieurs volets
Présentée par le Dr Ibrahima Sow, chirurgien orthopédiste et traumatologue, la plateforme revendicative porte notamment sur l’élaboration d’un statut particulier pour le corps médical, le recrutement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes à l’issue de leur formation, ainsi que l’amélioration des carrières et du régime indemnitaire.
Le SAMES réclame également le relèvement à 40 ans de l’âge de titularisation, une pension de retraite à hauteur de 80 % du dernier salaire, la prise en compte des années de contractualisation et des règles plus transparentes en matière de mobilité et de nomination. Le syndicat dénonce par ailleurs les affectations de personnels sans remplacement et demande une meilleure gestion des ressources humaines.
Des infrastructures et équipements renforcés
Sur le plan sanitaire, le SAMES demande notamment qu’un établissement public de santé de niveau 2 soit disponible dans chaque département. Il réclame également des équipements lourds, notamment des scanners et des IRM dans les régions, des ambulances adaptées, des laboratoires fonctionnels et un système efficace de maintenance des équipements.
Le syndicat exige aussi le respect intégral des accords de 2022, le paiement des sommes dues, notamment les primes de stage des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation, ainsi qu’une amélioration de l’accès au logement.
Le SAMES s’inquiète également d’une note circulaire datée du 19 août 2026, qu’il estime susceptible de remettre en cause certaines primes et l’appui au logement accordés aux professionnels de santé.
« Défendre les médecins, c’est défendre les populations »
Pour Dr Diabel Dramé, cette mobilisation ne relève pas uniquement d’une revendication corporatiste. « Défendre les conditions de travail des médecins, c’est défendre la qualité des soins », soutient-il.
Le secrétaire général du SAMES estime qu’un système de santé performant nécessite des professionnels motivés, protégés et correctement pris en charge. Tout en annonçant la grève, le syndicat affirme ne pas fermer la porte au dialogue. Il réclame toutefois des négociations sérieuses, avec des interlocuteurs décisionnaires, un calendrier précis et des engagements concrets et vérifiables.
Le SAMES considère désormais que la balle est dans le camp des autorités.
Mbagnick DIOUF