La société civile sénégalaise a organisé, ce mercredi 2 septembre à Dakar, un point de presse pour alerter sur l’urgence de respecter le calendrier électoral en vue des prochaines élections territoriales. À moins de cinq mois de l’échéance des mandats des conseillers départementaux et municipaux, elle appelle les pouvoirs publics à prendre les dispositions nécessaires pour garantir une préparation régulière, transparente et juridiquement sécurisée du scrutin.
À l’approche du renouvellement des conseils départementaux et municipaux, les acteurs de la société civile souhaitent attirer l’attention de l’opinion publique, des autorités compétentes et de l’ensemble des acteurs politiques sur la nécessité de prendre les dispositions nécessaires à l’organisation régulière des prochaines élections territoriales.
Les conseillers départementaux et municipaux élus le 23 janvier 2022 exercent, conformément aux articles L.236 et L.269 du Code électoral, un mandat de cinq ans arrivant à échéance le 22 janvier 2027. Leur renouvellement doit intervenir dans les trente jours précédant cette échéance.
Or, à moins de cinq mois de la fin de ces mandats, plusieurs opérations essentielles restent à engager, à préciser ou à rendre publiques. La déclaration rappelle qu’il ne s’agit pas uniquement de fixer la date des élections. Le processus nécessite notamment la révision et la mise à jour des listes électorales, la convocation du corps électoral, la fixation de la caution, le dépôt et le contrôle des candidatures ainsi que toute la préparation matérielle et logistique du scrutin.
Les acteurs de la société civile estiment ainsi que le temps électoral se resserre. Selon eux, un retard excessif dans une étape pourrait avoir des conséquences sur les suivantes et, à terme, affecter la sécurité juridique, la transparence et la crédibilité du scrutin.
Ils tiennent toutefois à préciser qu’ils ne prétendent pas qu’une irrégularité existe actuellement dans le processus électoral. Leur démarche vise plutôt à demander davantage de visibilité pour l’ensemble des acteurs concernés.
La déclaration rappelle également que cette exigence revêt une dimension démocratique et juridique. Elle s’appuie notamment sur les articles 3 et 102 de la Constitution, qui consacrent les principes de souveraineté populaire, de suffrage et de libre administration des collectivités territoriales. Elle évoque également l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit des citoyens à participer à des élections périodiques.
Dans cette perspective, la société civile appelle les pouvoirs publics à engager rapidement une concertation avec les partis politiques, la société civile et l’ensemble des parties prenantes. L’objectif est de partager les informations disponibles, de clarifier les différentes étapes du processus et de créer les conditions d’une préparation inclusive des prochaines élections territoriales.
Elle demande également que la date des prochaines élections territoriales soit fixée et rendue publique dans les meilleurs délais, ainsi que la publication d’un calendrier électoral détaillé permettant à tous les acteurs de connaître les principales étapes conduisant au scrutin.
La déclaration demande en outre que les opérations relatives à la révision et à la mise à jour des listes électorales soient engagées ou rendues publiques conformément aux dispositions légales. Elle appelle également à clarifier les délais et modalités concernant la fixation de la caution, le dépôt et le contrôle des candidatures ainsi que les autres opérations préparatoires.
Enfin, les acteurs demandent une information publique, transparente, régulière et accessible sur l’état de préparation du processus électoral. Ils insistent sur la nécessité pour tous les acteurs politiques de disposer des mêmes informations et de la même visibilité sur le calendrier électoral, considérant cette égalité d’information comme une condition de confiance et d’équité dans la compétition électorale.
À l’approche de l’échéance des mandats, la déclaration estime qu’il est désormais nécessaire de lever les incertitudes et de donner aux citoyens, aux partis politiques, à la société civile et à l’ensemble des acteurs concernés une visibilité claire sur la préparation des prochaines élections territoriales.
La démarche présentée lors de ce point de presse ne vise ni à créer une polémique ni à anticiper une contestation, mais à prévenir d’éventuelles difficultés pendant qu’il est encore temps de le faire. Pour les signataires de la déclaration, le respect du calendrier légal, la transparence de la préparation et l’égalité d’accès aux informations constituent les conditions nécessaires à des élections territoriales apaisées, crédibles et acceptées par tous.
Boudal NDIATH