Michele Bachelet, Presidente of Chile speaks during Special Session of the Human Rights Council. 29 March 2017.
L’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, a annoncé samedi 19 septembre 2026 le retrait de sa candidature au poste de secrétaire générale des Nations unies. Elle a fait cette annonce dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, mettant ainsi fin à sa tentative de succéder au Portugais António Guterres à la tête de l’organisation internationale.
« Aujourd’hui, j’annonce que j’ai décidé de ne pas poursuivre ma candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies », a déclaré Michelle Bachelet dans cette vidéo.
Un retrait après un sondage défavorable
Cette décision intervient au lendemain du troisième sondage informel organisé au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Lors de cette consultation, l’ancienne présidente chilienne n’a obtenu qu’une voix favorable, contre onze voix défavorables et trois membres indiquant ne pas avoir d’opinion.
Ce scrutin informel ne constitue pas une élection à proprement parler, mais il permet aux membres du Conseil de sécurité de mesurer le niveau de soutien dont bénéficient les différents candidats avant les étapes formelles du processus de désignation.
Le même sondage a placé la Costaricaine Rebeca Grynspan en tête avec neuf voix favorables, devant la candidate guyanaise Carolyn Rodrigues Birkett, qui en a obtenu huit. Huit candidats étaient encore en lice au moment de cette consultation.
Bachelet défend les principes de sa candidature
Dans son message, Michelle Bachelet a expliqué que sa décision ne signifiait pas qu’elle renonçait à ses convictions concernant le rôle des Nations unies. Elle a notamment évoqué les difficultés auxquelles sont confrontés aujourd’hui le multilatéralisme, le droit international, la lutte contre le changement climatique, la démocratie et les droits humains.
L’ancienne cheffe de l’État chilien a également estimé que sa candidature avait permis de mettre en avant l’idée que la prochaine personne à diriger l’ONU devrait être une femme originaire d’Amérique latine, indépendante et attachée aux principes de la Charte des Nations unies.
Elle a par ailleurs remercié le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum pour leur soutien à sa candidature depuis son lancement.
Le Chili avait retiré son soutien
La candidature de Michelle Bachelet avait été portée initialement avec le soutien du Chili, du Brésil et du Mexique. Mais le gouvernement chilien de José Antonio Kast avait annoncé en mars 2026 le retrait du parrainage officiel de Santiago.
La décision avait notamment été justifiée par le gouvernement chilien par la multiplication des candidatures latino-américaines et les conséquences que cette dispersion pouvait avoir sur le processus. Santiago a également affirmé ne soutenir aucun autre candidat après le retrait de son appui à Bachelet.
Le gouvernement mexicain a, pour sa part, maintenu son appréciation positive du parcours de l’ancienne présidente chilienne. Mexico a rappelé ses deux mandats à la présidence du Chili ainsi que ses fonctions de directrice exécutive d’ONU Femmes et de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.
La succession d’António Guterres se poursuit
Le retrait de Michelle Bachelet intervient alors que les discussions se poursuivent pour désigner le prochain secrétaire général des Nations unies. António Guterres, en fonction depuis 2017, doit achever son deuxième mandat à la fin de l’année 2026.
Le prochain secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier 2027 pour un mandat de cinq ans. La désignation passe par une recommandation du Conseil de sécurité, avant une nomination par l’Assemblée générale de l’ONU.
Avec le retrait de Bachelet, la course à la succession de Guterres entre dans une nouvelle phase, alors que plusieurs candidatures restent en lice et que les membres du Conseil de sécurité poursuivent leurs consultations.
Boudal NDIATH