L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et le Groupe de la Banque mondiale ont organisé un atelier d’information et de sensibilisation destiné aux journalistes, en partenariat avec le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES) et la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS). Cette rencontre vise à renforcer les capacités des professionnels des médias dans l’exploitation des données statistiques et la compréhension des interventions de la Banque mondiale au Sénégal.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), financé par la Banque mondiale. Ce programme accompagne notamment l’ANSD dans le renforcement des capacités et la modernisation du système statistique national, avec pour objectifs d’améliorer la qualité des données, leur accessibilité et leur utilisation.
Prenant part à la rencontre, Djibrilla Issa, directeur de division de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, a insisté sur le rôle déterminant des médias dans la diffusion d’une information économique fiable et accessible.
Selon lui, la disponibilité de statistiques de qualité et une meilleure connaissance des institutions, des instruments et des interventions du Groupe de la Banque mondiale constituent des leviers essentiels pour améliorer le traitement de l’information économique. Il a également souligné que ces éléments contribuent à renforcer la redevabilité, à éclairer le débat sur les politiques publiques et à permettre aux citoyens de mieux comprendre les décisions qui influencent leur quotidien.
La rigueur dans le traitement des données au cœur des échanges
Pour Djibrilla Issa, les chiffres économiques, sociaux, budgétaires et démographiques ne peuvent être interprétés correctement sans un travail préalable de vérification et de contextualisation. Les journalistes doivent notamment comparer les données dans le temps, confronter les sources et tenir compte des méthodologies utilisées.
Le responsable de la Banque mondiale a également attiré l’attention sur les difficultés liées à la rapidité de l’information, aux différences de définition des indicateurs et au risque de présenter des estimations provisoires comme des résultats définitifs.
L’atelier a ainsi été conçu comme un cadre pratique permettant aux participants d’identifier les sources statistiques de référence, de comprendre la portée et les limites des indicateurs, de citer correctement les données et de transformer des informations techniques en contenus accessibles au public.
« L’objectif n’est pas d’atténuer l’indispensable regard critique, mais de mieux l’outiller », a souligné Djibrilla Issa dans son allocution. Il a rappelé que le questionnement sur la production des chiffres, leur signification et leur confirmation par d’autres sources constitue une exigence fondamentale aussi bien pour la statistique que pour le journalisme.
Mieux comprendre les interventions de la Banque mondiale
Au-delà de l’utilisation des statistiques, la rencontre a permis de présenter les institutions du Groupe de la Banque mondiale, leurs missions respectives et leurs instruments d’intervention. Les échanges ont notamment porté sur les rôles de la Banque mondiale, de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), ainsi que sur leur complémentarité dans l’accompagnement des secteurs public et privé.
Les participants ont également été sensibilisés aux ressources documentaires accessibles aux journalistes, notamment les données ouvertes, les analyses économiques et sectorielles, les documents relatifs aux projets et les évaluations du Groupe. Ces outils peuvent contribuer à vérifier les informations, à mieux apprécier les résultats annoncés et à replacer les interventions dans leur contexte.
La présentation du portefeuille de la Banque mondiale au Sénégal, de son alignement sur les priorités du gouvernement et de sa stratégie en matière d’emploi figurait également parmi les sujets abordés.
Le PHASAOC pour renforcer le système statistique
Le partenariat entre l’ANSD et la Banque mondiale s’inscrit dans une démarche de consolidation du système statistique national. À travers le PHASAOC, le projet entend contribuer à l’amélioration des performances statistiques, à l’harmonisation régionale, à un meilleur accès aux données et au renforcement de leur utilisation.
Pour les organisateurs, le rapprochement entre les producteurs de statistiques et les professionnels des médias constitue un enjeu important. Des données fiables ne peuvent pleinement contribuer au débat public que si elles sont correctement interprétées et restituées.
En réunissant les acteurs de la statistique, les partenaires techniques et les journalistes, cet atelier entend ainsi promouvoir un traitement plus rigoureux de l’information économique et favoriser un débat public mieux éclairé. La démarche vise également à renforcer les compétences des professionnels des médias face à des données de plus en plus abondantes et parfois complexes à interpréter.
Boudal NDIATH