Des heurts à Paris, où de nouveaux magasins ont été pillés, des tentatives d’intrusion à Lyon, Marseille et près de Nantes… Au lendemain de violences massives, des incidents ont de nouveau éclaté dimanche, notamment dans la capitale.
La préfecture de police (PP) a évoqué 108 interpellations à Paris dimanche, dont 66 dans la soirée, et dénombré au moins cinq magasins pillés, dont un commerce de vêtements, un Darty à Belleville et deux supermarchés.
Dans le centre de la capitale, la PP a fait état de « groupes épars de jeunes délinquants d’opportunité continuant de chercher à piller des magasins dans le secteur Châtelet/Les Halles ».
Près du boulevard Sébastopol, plusieurs dizaines de jeunes ont crié des slogans anti-policiers, jetant des bouteilles de verre en direction des forces de l’ordre, selon une reporter de l’AFP.
Une porte d’entrée de l’emblématique grand magasin BHV Marais a été brisée et éventrée et des pilleurs se sont introduits à l’intérieur, a constaté une journaliste de l’AFP.
Vers le musée Pompidou, la vitrine d’une boutique d’optique Afflelou a été cassée, a aussi observé l’AFP. Des groupes de jeunes, tous vêtus de noir et cagoulés, se déplaçaient rapidement dans les rues à la recherche d’un point d’atterrissage, au milieu de riverains et de touristes qui flânent, parfois obligés de se couvrir le nez d’une serviette en papier face aux gaz lacrymogènes.
Les forces de l’ordre étaient déployées en nombre autour du centre commercial des Halles. Des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes ont été lancés à divers endroits du centre de la capitale, des charges ont également été observées.
« Dégradations et feux ont repris dans Paris et son centre, notamment tout autour des Halles. Merci à tous les commerçants encore ouverts de prendre toute mesure pour se protéger, y compris en fermant leurs boutiques, la police étant extrêmement sollicitée », a demandé le maire de Paris Centre Ariel Weil sur X.
Dans l’après-midi, des affrontements opposant plusieurs centaines de personnes aux forces de l’ordre ont duré plusieurs heures autour de l’emblématique place de la République, déjà théâtre de violences samedi, selon une journaliste de l’AFP.
– « Tentative de prédation » –
« Depuis 14H00, des jeunes délinquants étaient présents sur la place », selon la « PP », expliquant avoir dispersé des groupes qui se sont « reformés » dans des rues adjacentes, où des feux de barricade et des tentatives de pillage ont eu lieu.
Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et d’un canon à eau face à des jets de projectiles, des incendies et des provocations de jeunes munis de barres de fer.
La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été engagée place de la République. Cela avait déjà été le cas samedi, dans le secteur des Halles.
Le rassemblement avait commencé dans le calme en début d’après-midi et des manifestants arboraient autour de la statue de la République des pancartes de revendication, comme samedi, telle « Sème la misère, récolte la colère ».
En petite couronne, la situation est restée calme selon la PP, « à l’exception du centre commercial Rosny 2 », en Seine-Saint-Denis, « où l’intervention de la police a permis de disperser un groupe d’une cinquantaine d’individus qui lui envoyaient des projectiles en tir tendu ».
A Lyon, un groupe d’une cinquantaine de jeunes, cagoulés pour la plupart, a tenté de briser la vitrine d’un magasin Lacoste avant que la police n’intervienne. Les forces de l’ordre « interviennent pour contrecarrer toute tentative de prédation », selon la préfecture, évoquant « des faits sous contrôle et sans commune mesure avec hier ».
Une tentative d’intrusion a eu lieu également dans un magasin Boulanger à Saint-Herblain près de Nantes, selon les services de l’État en Loire-Atlantique.
A Marseille, « tout au long de l’après-midi, plusieurs groupes d’individus se sont constitués et déplacés entre différents pôles commerciaux, indique la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône.
A Nice, quelques courses-poursuites ont eu lieu le long de l’avenue Jean-Médecin, principale artère commerçante de la ville. Le parquet a fait état d’une quinzaine de placements en garde à vue.
Source :AFP