Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a appelé les députés de Pastef à formuler des amendements concrets au projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, rejeté en commission à l’Assemblée nationale. Invoquant l’article 82 de la Constitution, le chef du gouvernement les invite à traduire leurs critiques en propositions précises, tout en alertant sur les enjeux financiers liés à l’adoption du texte.
Face au blocage du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, le Premier ministre défend le droit des parlementaires à amender le texte, mais les exhorte à exercer cette prérogative dans le respect des règles constitutionnelles. Pour lui, le rejet du projet ne saurait se substituer à des propositions concrètes permettant d’en corriger le contenu.
« Vous voulez cette prérogative, prenez-la et assumez-la devant vos mandants, les Sénégalais, le peuple sénégalais », a-t-il lancé à l’endroit des députés, les invitant à préciser les modifications qu’ils souhaitent apporter au projet gouvernemental.
Le chef du gouvernement s’appuie notamment sur l’article 82 de la Constitution, qui encadre le droit d’amendement des députés. Cette disposition prévoit notamment l’irrecevabilité des propositions entraînant une diminution des ressources publiques ou la création ou l’aggravation d’une charge publique, sauf si elles sont accompagnées de recettes compensatrices.
Les subventions énergétiques au cœur des arbitrages
Au-delà du désaccord parlementaire, l’Exécutif justifie la révision budgétaire par les contraintes financières auxquelles l’État est confronté. Le gouvernement évoque notamment la baisse des recettes publiques et l’augmentation des dépenses, particulièrement celles consacrées aux subventions énergétiques ainsi qu’aux besoins de défense et de sécurité.
Pour le Premier ministre, ces arbitrages doivent permettre à l’État de faire face aux dépenses supplémentaires tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages et le financement des priorités publiques.
Le rejet du texte en commission ouvre ainsi une nouvelle séquence dans les discussions entre le gouvernement et les parlementaires. L’enjeu est désormais de trouver une issue au désaccord autour de la LFR 2026, alors que l’Exécutif appelle les députés à privilégier des amendements précis plutôt qu’un rejet sans propositions alternatives.
Boudal NDIATH