Le Syndicat des travailleurs de la Justice (SYTJUST) sollicite l’intervention du Premier ministre pour débloquer les négociations autour de ses revendications et obtenir l’application effective du protocole d’accord signé le 7 août 2025 avec le Gouvernement. Dans une correspondance déposée à la Primature le 4 novembre 2026, le syndicat demande une audience afin de parvenir à un règlement pacifique et concerté du différend.
Face à l’impasse des discussions avec les autorités administratives, le SYTJUST entend désormais porter le dossier au plus haut niveau de l’État. Le syndicat estime que les différentes rencontres organisées avec le ministère de la Fonction publique n’ont pas permis de trouver un consensus sur les principales revendications des travailleurs de la Justice.
Les points de désaccord concernent notamment les modalités de reclassement des agents ayant suivi une formation au Centre de formation judiciaire (CFJ). Le SYTJUST réclame un reclassement par grade ou par classe, contrairement à la proposition de l’administration fondée sur l’indice égal ou immédiatement supérieur, jugée préjudiciable à l’ancienneté et à l’évolution des carrières.
Le syndicat revendique également la préservation de l’ancienneté des agents non fonctionnaires appelés à intégrer le corps des assistants des greffes et parquets, la rétroactivité des reclassements à juillet 2018 ainsi que le paiement des rappels de différentiels de salaire. À cela s’ajoutent la revalorisation de certaines indemnités, notamment celles liées à la participation à la judicature et au logement, ainsi que le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans.
Le SYTJUST exprime par ailleurs ses inquiétudes concernant la décision du Gouvernement d’inviter individuellement les agents concernés à déposer leurs demandes de reclassement. Une démarche que le syndicat considère comme un contournement des organisations signataires du protocole d’accord, alors qu’un regroupement des dossiers par le ministère de la Justice avait, selon lui, été convenu.
Cette situation a conduit le SYTJUST à déposer, le 28 octobre 2026, un préavis de grève auprès du ministère de la Fonction publique. Le syndicat précise toutefois que cette démarche ne traduit pas un abandon du dialogue, mais plutôt sa volonté de voir les engagements gouvernementaux se concrétiser.
En sollicitant l’arbitrage du Premier ministre, le SYTJUST espère ainsi l’ouverture de négociations réunissant les autorités gouvernementales compétentes et les syndicats de la Justice. Il affirme rester disponible pour toute initiative susceptible de préserver la paix sociale et d’assurer le bon fonctionnement du service public de la Justice.
Hamadou Ba