A man sweeps the aisle at the Senegalese Tirailleurs cemetery in Thiaroye, outside Dakar, 30 November 2007, where are buried the skirmishers of the camp of Thiaroye killed 01 December 1944 following a dispute concerning their earnings with the French army. It was in Thiaroye that French soldiers killed up to 30 African infantrymen after the 1,280-strong force asked for back pay and compensation for their war-time sacrifices while fighting the Germans and Italians in Europe and Africa. The 150th commemorations of the troops were postponed to 2008 instead of 01 December 2007. AFP PHOTO / GEORGES GOBET (Photo by GEORGES GOBET / AFP)
Six tirailleurs africains, exécutés avec des dizaines d’autres sur ordre d’officiers de l’armée française en 1944 à Thiaroye au Sénégal, viennent d’être reconnus « morts pour la France » à titre posthume, une décision mémorielle inédite dans ce dossier douloureux entre la France et ses anciennes colonies.
« Ce geste s’inscrit dans le cadre des commémorations des 80 ans de la libération de la France comme dans la perspective du 80e anniversaire des évènements de Thiaroye, dans la droite ligne mémorielle du président de la République (Emmanuel Macron) qui souhaite que nous regardions notre histoire +en face+ », a indiqué dimanche à l’AFP le secrétariat d’Etat français chargé des Anciens combattants et de la Mémoire.
Cette mention de « Morts pour la France » a été attribuée par une décision datée du 18 juin dernier à ces six tirailleurs par l’Office national français des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG).
Elle concerne « quatre tirailleurs originaires du Sénégal, un de Côte d’Ivoire et un de Haute-Volta » (devenu le Burkina Faso). Cette première décision « pourra être complétée dès lors que l’identité exacte d’autres victimes aura pu être établie », a précisé le secrétariat d’Etat.
Au matin du 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye (ville située non loin de la capitale sénégalaise Dakar), des troupes coloniales et des gendarmes français avaient tiré sur ordre d’officiers de l’armée française sur des tirailleurs rapatriés qui réclamaient leurs arriérés de solde.
Selon le bilan dressé par les autorités françaises à l’époque, au moins 35 tirailleurs avaient trouvé la mort, sur place ou des suites de leurs blessures. Un chiffre qui reste encore sujet à controverse, des historiens l’estimant beaucoup plus élevé.
Le lieu d’inhumation des soldats tués, dans des tombes individuelles ou des fosses communes, à Thiaroye ou ailleurs, fait également débat. Le traumatisme et le souvenir de ce massacre sont toujours vifs au Sénégal et sur le continent africain.