La Direction générale de la Police nationale a organisé une nouvelle édition des « Mercredis de la Police », ce mercredi 29 janvier 2025,un cadre de dialogue et de sensibilisation destiné à rapprocher la police des citoyens et des différents acteurs de la société. L’événement, qui s’est tenu à la Direction de la Formation, a réuni des responsables des forces de l’ordre, des journalistes, ainsi que des membres de la société civile.
Un thème au cœur de l’actualité : Maintien de l’ordre public et droit à l’information
Cette session avait pour thème central le maintien de l’ordre public et le droit à l’information, une problématique majeure qui suscite souvent des débats dans les sociétés démocratiques. En présence du Directeur général de la Police nationale, les conférenciers ont mis en lumière les défis liés à la gestion des manifestations et aux attentes de la presse en matière de couverture des événements publics.


Dans son intervention, l’ancien secrétaire administratif du Synpics (Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal) Moustapha Diop, a mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue entre les forces de l’ordre et les professionnels de l’information. “Il faut instaurer un cadre de dialogue permanent entre les forces de défense et de sécurité et les acteurs des médias. Nous estimons qu’il faudrait aussi introduire la question des médias dans la formation initiale des forces de défense et de sécurité”.
Selon le panéliste, les journalistes ne sont souvent pas informés des procédures mises en place par les forces de sécurité. Il préconise ainsi la mise en place d’un mécanisme d’échange et d’alerte pour permettre aux parties de se connaitre mutuellement. Cela a déjà été fait durant la période 2007-2012.
Ces recommandations ont été partagées par le président de l’Appel (Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne) Ibrahima Lissa Faye, qui souligne l’importance de mettre en place des mécanismes de cohabitation pour garantir à la fois le maintien de l’ordre et le droit à l’information.
“Il faudrait une plateforme qui permette aux forces de sécurité d’avoir des interlocuteurs dédiés au sein de la presse”, a expliqué Lissa, qui est également revenu sur la nécessité, pour les journalistes, de disposer d’outils d’identification tels que la carte nationale de presse et les gilets, afin d’être facilement reconnus lors des événements et manifestations.
La réaction de la police nationale
Afin d’aboutir à une réelle collaboration, le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle et non moins conseiller technique chargé des opérations de la police est revenu sur les défis de la coexistence entre forces de l’ordre et acteurs des médias.
¨Les relations entre les forces de l’ordre et les journalistes sont au cœur des défis que rencontre notre démocratie. Ces deux institutions, essentielles au bon fonctionnement de notre société, partagent un objectif commun, qui est de servir l’intérêt général. Pourtant, lors des manifestations, ces relations sont souvent marquées par des tensions, des malentendus et parfois des conflits qui nuisent à leurs missions respectives¨, a-t-il déclaré.
Poursuivant, le commissaire Ndiaga Diop a relevé que l’une des causes de ces tensions, c’est ¨l’absence de protocoles clairs pour les journalistes, la méfiance réciproque, la confusion entre manifestants et journalistes. D’après lui, les forces de l’ordre cherchent à garantir une communication fluide et une coordination efficace pour éviter les erreurs à l’avenir.
Transparence et collaboration : des engagements réaffirmés
L’un des points centraux de cette rencontre a été la nécessité pour la police de maintenir un équilibre entre le respect des libertés fondamentales et l’impératif de sécurité. Les responsables des forces de l’ordre ont insisté sur leur volonté de renforcer la transparence dans leurs interventions et d’assurer une communication plus fluide avec les médias.

Les journalistes présents ont, quant à eux, exprimé leur souci de pouvoir exercer leur métier en toute liberté, sans entrave, notamment lors de la couverture des manifestations. Plusieurs cas concrets ont été abordés, illustrant les difficultés rencontrées par la presse sur le terrain.
Vers une meilleure entente entre la police et les médias
Au terme des discussions, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer les relations entre la police et la presse. Parmi celles-ci figurent la mise en place de formations conjointes pour les forces de l’ordre et les journalistes, ainsi que l’établissement de protocoles clairs en matière de communication en temps de crise.

La rencontre s’est achevée sur une note positive, marquant la volonté commune des parties prenantes de travailler ensemble pour garantir à la fois l’ordre public et le droit à une information libre et responsable. Cette initiative des « Mercredis de la Police » s’inscrit ainsi dans une démarche plus large de renforcement de la confiance entre les institutions de sécurité et la population.
Boudal NDIATH