Depuis le lancement du Train Express Régional (TER) au Sénégal, plusieurs familles et commerçants ont été affectés par les expropriations et les déplacements liés au projet. Alors que cette infrastructure moderne était censée améliorer la mobilité urbaine, elle a aussi laissé derrière elle des milliers de personnes qui continuent de dénoncer un traitement injuste et des compensations insuffisantes.
Des expropriations aux indemnisations contestées
Nombreux sont les habitants des quartiers traversés par le TER qui ont été contraints de quitter leurs maisons et commerces pour laisser place aux rails et aux infrastructures connexes. Si les autorités avaient promis des indemnisations justes et rapides, la réalité est tout autre pour de nombreux expropriés qui peinent encore à être dédommagés correctement. Certains dénoncent une sous-évaluation de leurs biens, tandis que d’autres n’ont tout simplement pas reçu de compensation, malgré les engagements de l’État.
Des relogements précaires et incertains
Outre les indemnisations financières, l’une des principales revendications des impactés concerne leur relogement. Certains ont été déplacés vers des sites peu viables, éloignés de leurs lieux d’activité, rendant leur quotidien encore plus difficile. « Nous avons perdu nos maisons, nos commerces, et l’État nous a laissés à notre propre sort », se plaint un exproprié de Thiaroye, contraint de vivre dans des conditions précaires après avoir quitté sa maison familiale.
Un cri de détresse face à l’indifférence des autorités
Face à cette situation, des collectifs de victimes se sont formés pour exiger justice et réparation. Plusieurs marches et sit-in ont été organisés devant les institutions concernées, mais les réponses tardent à venir. « Nous ne sommes pas contre le développement, mais pas au détriment de notre dignité et de nos droits », s’indigne un commerçant expulsé de la gare de Colobane.
Un dialogue nécessaire pour une issue juste
Alors que le TER continue de circuler et d’être salué comme un symbole de modernisation du Sénégal, la situation des impactés reste un point noir du projet. Il est urgent que les autorités prennent en compte leurs doléances et trouvent des solutions équitables pour réparer les injustices subies. Le développement ne doit pas se faire au détriment des populations vulnérables.
Les impactés du TER ne réclament pas l’impossible : ils veulent juste que les engagements pris à leur égard soient respectés. Leur combat est celui de la justice sociale, dans un Sénégal en quête d’un équilibre entre modernisation et respect des droits des citoyens.
Boudal NDIATH