Depuis sa création, l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) a permis de récupérer plus de 35 milliards de francs CFA. C’est ce qu’a révélé son directeur général, Mor Ndiaye, dans un entretien accordé à L’Observateur.
Placé sous la double tutelle du ministère de la Justice et de celui des Finances, l’ONRAC s’est imposé comme un acteur central dans la lutte contre la criminalité économique et financière. Le montant recouvré provient de diverses opérations, notamment des saisies bancaires, des ventes de biens meubles, des revenus locatifs générés par des immeubles saisis et des fonds issus de cautionnements.
« Nous avons pu sécuriser des sommes considérables à travers des procédures judiciaires, mais également grâce à une gestion rigoureuse des biens confisqués ou gelés », a déclaré Mor Ndiaye.
L’ONRAC ne se limite pas à la récupération d’espèces ou de biens visibles. L’institution s’occupe également d’avoirs plus complexes, à forte valeur ajoutée. « Nous gérons aussi des parts sociales, des titres financiers et même des œuvres d’art », précise le directeur général. À cela s’ajoutent des véhicules, du matériel électronique, du bétail, des navires, des fonds de commerce et même des denrées alimentaires.
Cette diversité des biens saisis témoigne de l’ampleur des affaires criminelles économiques traitées par la justice sénégalaise et renforce l’importance d’une structure comme l’ONRAC dans l’architecture judiciaire du pays.
Mor Ndiaye souligne que la mission de son institution ne s’arrête pas au recouvrement. « Il s’agit aussi de préserver la valeur de ces biens, d’en assurer une gestion transparente, et, au besoin, de les réinjecter dans l’économie au profit de l’État ou des victimes », a-t-il confié.
Alors que les débats sur la corruption, le détournement de deniers publics et l’enrichissement illicite occupent une place importante dans l’actualité nationale, l’ONRAC s’impose désormais comme un levier indispensable pour traduire la volonté politique de rendre les ressources publiques à la collectivité.
Mor Ndiaye appelle d’ailleurs à un renforcement des moyens techniques et humains de l’ONRAC pour faire face à la complexification croissante des montages financiers utilisés par les délinquants économiques.
Boudal NDIATH