À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, célébrée chaque 20 juin, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des réfugiés et apatrides vivant au Sénégal. Dans un communiqué transmis à L’AS, l’organisation estime leur nombre à plus de 20 000 personnes, réparties sur tout le territoire national, notamment dans les régions de Dakar, Bakel, Saint-Louis, Thiès, Dagana et Podor.
Malgré les engagements internationaux du Sénégal – dont la ratification de la Convention de Genève de 1951 et l’adoption d’une loi nationale en 2022 sur le statut des réfugiés et apatrides – la Raddho déplore de nombreuses lenteurs administratives et des dysfonctionnements persistants.
Selon l’organisation de défense des droits humains, certaines personnes en demande d’asile attendent jusqu’à trois ans sans aucune réponse de l’État. Une situation qui aggrave leur précarité, affecte leur santé mentale et porte atteinte à leur dignité. La Raddho critique également le manque de transparence et de motivation des décisions de rejet, qui laissent souvent les requérants sans explication ni recours clair.
Les apatrides ne sont pas épargnés par ces difficultés. Beaucoup peinent à obtenir des pièces d’identité, condition pourtant essentielle pour exercer leur droit à la libre circulation, à l’éducation, à l’emploi ou à la santé. La situation reste préoccupante, malgré la volonté affichée du Sénégal de se conformer aux standards internationaux en matière de protection.
Face à ce constat alarmant, la Raddho exhorte les autorités sénégalaises à renforcer la Commission nationale de gestion des réfugiés et apatrides, placée sous l’autorité de la Présidence de la République. L’objectif, selon l’organisation, est de garantir une prise en charge plus rapide, efficace et respectueuse des droits fondamentaux de ces personnes particulièrement vulnérables.
Boudal NDIATH