La recomposition de la coalition présidentielle s’accélère. En pleine phase de reconfiguration de son appareil politique, le président Bassirou Diomaye Faye a obtenu le soutien officiel de plus d’une cinquantaine d’organisations et mouvements politiques, qui ont signé une déclaration d’engagement sous la supervision d’Aminata Touré.
Aminata Touré au cœur du dispositif
Chargée de piloter cette restructuration, l’ancienne Première ministre a reçu l’adhésion de nombreux responsables politiques. Ces derniers affirment vouloir travailler “avec détermination” pour élargir la base de soutien du président Diomaye Faye et accompagner ses ambitions pour le Sénégal.
Ce ralliement massif confirme la volonté du chef de l’État de bâtir un nouvel appareil politique, malgré les réserves exprimées par son Premier ministre, Ousmane Sonko, qui voit dans cette dynamique une concurrence directe au Pastef.
Des leaders engagés… mais peu de poids politique réel
Parmi les signataires figurent Bougar Diouf, président de l’Union des panafricanistes sénégalais, considéré comme un fidèle du chef de l’État, Souleymane Ciss de l’Alliance démocratique pour la justice et l’équité, Pape Samba Simba du collectif Aar Sunu (?), Camille Ndiaye de l’Union de la Patrie pour l’Abondance (UPA), Cheikh Diaraf Dia du mouvement Dekaly-Yoff, ou encore Dr Abdoulaye Niane du parti Teranga Sénégal.
D’autres élus locaux ont également rejoint la dynamique, tels que Bara Ndiaye, ancien maire de Méouane, Adiou Sène, maire de Pattar, ou encore Fatou Sène, édile de Kahone.
Cependant, malgré le nombre impressionnant de structures signataires, la plupart d’entre elles disposent d’une influence limitée sur le terrain. Une réalité qui pourrait freiner la constitution d’un véritable appareil politique concurrent au Pastef, dans un contexte de tensions internes de plus en plus visibles.
Une absence remarquée : le parti Awalé
L’un des points les plus commentés est l’absence du parti Awalé, dirigé par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique. Réputé proche du président Diomaye Faye, Awalé n’apparaît pas dans la première vague de signataires.
Interrogée à ce sujet, une source autorisée du parti laisse entendre qu’une déclaration est en préparation, sans fournir de précisions. Une réserve qui alimente les spéculations autour des équilibres internes et des stratégies à l’œuvre au sein de la majorité présidentielle.
Une restructuration sous haute tension politique
La recomposition de la coalition “Diomaye Président” intervient dans un contexte de rivalités croissantes au sommet du pouvoir. Cette démarche, perçue par certains cadres comme une tentative du chef de l’État d’affirmer son autonomie vis-à-vis du Pastef, pourrait redéfinir les rapports de force au sein de l’alliance au pouvoir.
Ce premier jet de soutiens marque donc une étape importante, mais laisse encore de nombreuses interrogations, notamment sur l’adhésion ou non des partis les plus influents, et sur la capacité de cette coalition reconfigurée à s’imposer sur le terrain politique.
Boudal NDIATH