L’Assemblée nationale examine ce vendredi 5 décembre 2025 le projet de budget 2026 du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Pour l’exercice à venir, l’enveloppe globale s’élève à 267,1 milliards FCFA en autorisations d’engagement et 130,09 milliards FCFA en crédits de paiement. D’après le ministre des Finances et du Budget, cette dotation illustre « la volonté de l’État de renforcer l’accès à l’énergie, de valoriser les ressources minières et d’optimiser l’exploitation des hydrocarbures ».
L’accès à l’énergie, priorité majeure de l’exercice 2026
La plus grande partie du budget est consacrée au Programme 3, dédié à l’accès universel à une énergie compétitive et durable. Avec 255,51 milliards FCFA en AE et 118,97 milliards FCFA en CP, ce programme porte l’ambition de moderniser l’ensemble de la chaîne énergétique. Les investissements prévus, qui dépassent 245 milliards FCFA en AE, concernent l’extension des réseaux, la modernisation des équipements, l’intégration accrue des énergies renouvelables et l’amélioration de la qualité du service. Dans un contexte de forte croissance démographique et de hausse de la demande, le gouvernement entend garantir une énergie plus fiable, mieux distribuée et plus abordable.
Le secteur minier au centre d’une nouvelle dynamique
La valorisation des ressources minières occupe également une place importante dans la stratégie budgétaire. Le Programme 2, consacré à ce secteur, bénéficie de 5,73 milliards FCFA en AE et 5,38 milliards FCFA en CP. Il vise à renforcer la transformation locale, à accélérer la cartographie géologique et à améliorer le suivi de l’exploitation artisanale et industrielle. Les 3 milliards FCFA consacrés aux transferts en capital témoignent du soutien de l’État aux structures et projets engagés dans le développement du secteur minier.
Le Programme 1, qui couvre le pilotage, la coordination et la gestion administrative, dispose de 3,04 milliards FCFA. Cette enveloppe prend en charge les salaires, les charges de fonctionnement et le renforcement des capacités. Selon les conclusions en commission, ce volet joue un rôle déterminant dans la cohérence des politiques publiques liées à ce secteur stratégique.
Surveillance des opérations extractives : un levier de transparence
La surveillance et la régulation continuent de figurer parmi les priorités. Le Programme 4, doté de 273 millions FCFA, vise à améliorer le suivi des opérations dans les secteurs énergétique, minier et pétrolier. Bien que modeste, ce budget est jugé essentiel pour lutter contre l’exploitation illégale, les pertes financières et les dérives qui entravent la bonne gestion des ressources.
Dans le domaine des hydrocarbures, le Programme 5, orienté vers l’optimisation de l’exploitation, reçoit 2,52 milliards FCFA en AE et 2,42 milliards FCFA en CP, dont 1 milliard FCFA en transferts en capital. Il vise à renforcer la gouvernance du secteur pétrolier et gazier, avec l’objectif d’assurer une gestion plus rentable et plus transparente des richesses issues du pétrole et du gaz.
Un budget tourné vers la souveraineté énergétique
Au-delà des chiffres, le projet de budget 2026 marque une orientation claire : faire de l’énergie un pilier du développement national. Il s’agit de soutenir l’industrialisation, de réduire les disparités territoriales et d’accélérer la transition écologique. Pour le gouvernement, ce choix stratégique s’inscrit dans une trajectoire de souveraineté énergétique et de transformation durable du secteur.
Boudal NDIATH