Lors d’une conférence tenue ce samedi à Guédiawaye, l’ancien directeur des Moyens généraux de la Présidence a livré un discours particulièrement sévère à l’endroit du gouvernement. Sans le citer directement, Cheikh Oumar Diagne a accusé les autorités de vouloir étouffer les médias, craignant une dérive vers l’opacité institutionnelle. « Un pays qui laisse ses journaux mourir est un pays qui se prépare à gouverner dans l’opacité », a-t-il lancé devant son auditoire, des propos rapportés par le quotidien Les Échos.
Une politique fiscale jugée étouffante pour la presse
Selon Les Échos, Cheikh Oumar Diagne a pointé un ensemble de décisions fiscales et l’absence d’un véritable accompagnement étatique qui auraient selon lui fragilisé le secteur médiatique. Il a estimé que plusieurs rédactions se retrouveraient aujourd’hui « au bord du gouffre » en raison de charges devenues intenables pour des entreprises déjà en difficulté. Le ministre de la Communication, Alioune Sall, est directement interpellé par ces accusations, lui qui défend une réforme visant à moderniser et assainir le secteur.
Le conférencier élargit son réquisitoire au domaine social
Au-delà de la situation de la presse, Cheikh Oumar Diagne a élargi ses critiques aux politiques sociales et économiques du pouvoir en place. Il a vivement regretté la suppression des bourses familiales qu’il qualifie d’« oxygène de 400 000 familles » et dont l’absence accentuerait selon lui la précarité dans plusieurs foyers vulnérables.
Le secteur du BTP et la pauvreté au cœur des inquiétudes
Le conférencier s’est également ému du sort réservé au secteur du bâtiment et des travaux publics qu’il considère comme « sacrifié et laissé à l’abandon ». Cette situation contribuerait selon lui à l’aggravation du chômage et à l’effondrement de nombreux projets structurants. Il a en outre alerté sur une forte progression de la pauvreté entre 2021 et 2025, estimant que les conditions de vie de nombreux Sénégalais se seraient nettement dégradées au cours de cette période.
Boudal NDIATH