La croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait se maintenir en 2026, mais les perspectives restent fragiles face à une accumulation de risques. C’est ce qui ressort du dernier rapport sur l’état des lieux de l’économie africaine publié par le Groupe de la Banque mondiale.
Selon ce document, la croissance régionale devrait atteindre 4,1 % en 2026, soit un niveau identique à celui de 2025. Toutefois, cette relative stabilité cache des vulnérabilités persistantes, notamment liées au contexte international et aux contraintes structurelles propres aux économies africaines.
Des risques de plus en plus pressants
Parmi les principales menaces identifiées figurent les tensions géopolitiques, en particulier le conflit au Moyen-Orient, ainsi que la hausse des prix des produits essentiels comme les carburants, les denrées alimentaires et les engrais. Ces facteurs pourraient accentuer l’inflation, estimée à 4,8 % en 2026, et peser davantage sur les ménages les plus vulnérables.
À cela s’ajoute le durcissement des conditions financières internationales, qui complique l’accès aux financements pour de nombreux pays africains.
Le poids de la dette freine les ambitions
Le rapport met également en lumière le niveau élevé de l’endettement public, qui limite considérablement la capacité des États à investir dans les infrastructures et les services essentiels.
En effet, le service de la dette extérieure a fortement augmenté ces dernières années, passant de 9 % des recettes en 2017 à 18 % en 2025. Dans le même temps, les investissements publics restent en baisse, environ 20 % en dessous de leur niveau de 2014.
Un défi majeur : l’emploi des jeunes
Avec plus de 620 millions de personnes attendues sur le marché du travail d’ici 2050, l’Afrique fait face à un défi démographique majeur. Pour y répondre, le rapport insiste sur la ضرورة de transformer les économies vers des modèles plus productifs, diversifiés et portés par le secteur privé.
La politique industrielle comme levier stratégique
La Banque mondiale plaide pour une politique industrielle mieux structurée afin de stimuler la transformation économique et la création d’emplois. Cela passe par des investissements ciblés dans les infrastructures, la formation, et un environnement favorable aux entreprises.
Les experts recommandent également de privilégier des secteurs à forte valeur ajoutée, capables de générer des emplois durables, tout en s’appuyant sur des cadres solides de gouvernance et d’intégration régionale, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Entre résilience et incertitudes
Si l’Afrique subsaharienne montre une certaine résilience face aux chocs successifs, les défis restent nombreux. La maîtrise de l’inflation, une gestion rigoureuse des finances publiques et des réformes structurelles apparaissent comme des conditions essentielles pour soutenir une croissance durable et inclusive.
Boudal NDIATH