Le Sénégal et la Banque mondiale ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération avec la signature de trois accords de financement d’un montant global de 220,71 milliards de FCFA. La cérémonie s’est déroulée en présence du vice-président régional de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, en visite au Sénégal.
Ces financements concernent le Projet de réponse d’urgence contingente (CERP), le deuxième financement additionnel du Projet de connectivité des zones de production agricoles dans le Nord et le Centre du Sénégal (PCZA) ainsi que le financement additionnel du Projet de développement économique de la Casamance et de l’Est du Sénégal (PDEC). Leur objectif est de renforcer la résilience du pays face aux crises, améliorer la connectivité des territoires et favoriser la création d’emplois.
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a souligné que ces accords s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050.
« Ces accords s’inscrivent dans une logique de transformation durable : anticiper davantage, répondre plus vite, mieux relier les territoires aux leviers de croissance et créer de nouvelles opportunités économiques pour les populations. Ils traduisent notre engagement à faire de la résilience, de la connectivité, de l’inclusion territoriale et de la création d’emplois des instruments concrets au service de la Vision Sénégal 2050 et des priorités de développement du pays. »
Un mécanisme de réponse rapide aux crises
Premier volet de ce partenariat, le CERP bénéficie d’un financement de 118,32 milliards de FCFA (208 millions de dollars). Ce dispositif permettra au Gouvernement de mobiliser rapidement des ressources en cas de catastrophe naturelle, d’urgence sanitaire ou de choc économique éligible. Basé sur le Registre national unique et les mécanismes de protection sociale existants, il vise notamment à soutenir les ménages vulnérables, assurer la continuité des services essentiels, notamment l’approvisionnement en carburant, et limiter les conséquences des perturbations sur les secteurs productifs grâce à l’acquisition d’intrants agricoles et d’engrais.

Des infrastructures pour désenclaver les zones agricoles
Le deuxième financement additionnel du PCZA, d’un montant de 79,64 milliards de FCFA (140 millions de dollars), porte l’investissement total du projet à 267,81 milliards de FCFA au bénéfice direct d’environ 570 000 personnes. Ce financement servira à construire de nouvelles routes et des infrastructures communautaires afin de réduire les coûts de transport, connecter les producteurs aux marchés et faciliter l’accès des populations rurales aux écoles et aux centres de santé. Selon le communiqué, ces investissements devraient également stimuler les échanges économiques, soutenir les petites entreprises locales et renforcer la compétitivité des filières agricoles.
Un appui renforcé pour la Casamance et Kédougou
Le PDEC bénéficie pour sa part d’un financement additionnel de 22,75 milliards de FCFA (40 millions de dollars), portant l’investissement global du projet à 48,35 milliards de FCFA au profit d’environ 850 000 personnes. Ce financement permettra notamment d’étendre le projet à la région de Kédougou, afin de valoriser son potentiel agricole, minier et touristique tout en renforçant les chaînes de valeur locales et les opportunités d’emplois productifs, en particulier pour les jeunes et les femmes.
Le directeur de division de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cabo-Verde, la Guinée-Bissau et la Gambie, Djibrilla Issa, a insisté sur la portée stratégique de ces financements.
« Ces financements traduisent une ambition claire : faire de la préparation aux chocs, de la connectivité territoriale et du développement économique local des leviers structurants de la transformation et de la création d’emplois. En ciblant à la fois les capacités de réponse de l’État, l’accès aux marchés et les opportunités productives dans les territoires, ils contribuent à renforcer la confiance, à libérer le potentiel des communautés et à inscrire la croissance dans une trajectoire plus inclusive, plus résiliente et plus génératrice d’emplois durables. »

Selon le communiqué, ces trois accords illustrent la volonté commune du Sénégal et de la Banque mondiale de poursuivre leurs investissements dans la résilience, les infrastructures et le développement territorial afin d’accélérer la création d’emplois et de soutenir une croissance durable et inclusive. Le portefeuille des engagements en cours et à venir de la Banque mondiale en faveur du Sénégal est estimé cette année à environ 340 milliards de FCFA
Boudal NDIATH