Le gouvernement a lancé cette semaine une plateforme en ligne baptisée « Jubbanti » (« Corriger » en wolof). Comme l’explique Ousseynou Ly, porte-parole de la présidence, cité par RFI, l’objectif est de « remettre le justiciable au centre » en lui donnant « les moyens de faire parvenir ses remarques sur le fonctionnement de la justice ».
Le site internet permet à tout citoyen de laisser des commentaires et réclamations de façon anonyme, en français ou en wolof, via un formulaire en ligne. Un numéro vert (1222) a également été mis en place pour contrer la fracture numérique et permettre à tous de s’exprimer.
Cette initiative fait suite à un constat alarmant du magistrat Alassane Ndiaye, conseiller technique au ministère de la Justice : « La justice est victime d’une perte de confiance ». Parmi les principaux griefs, il pointe « l’utilisation de certains mécanismes comme les mesures privatives de liberté, l’engorgement des prisons et les lenteurs dans le traitement de certaines affaires ».
« Il est nécessaire d’améliorer tout cela », plaide-t-il, rejoignant ainsi la volonté des autorités d’entreprendre des réformes en profondeur. La plateforme « Jubbanti » n’est qu’une première étape avant une grande conférence nationale sur la crise du secteur judiciaire prévue la semaine prochaine.
Boudal NDIATH