L’histoire de Rapadio, un groupe mythique du rap sénégalais, continue de marquer les esprits. Après 25 ans d’attente, les fans peuvent enfin savourer la sortie d’un nouvel opus intitulé Ci Laytay Bassi Bammel (de la couche à la tombe), lancé il y a une semaine et déjà très attendu. Cet album, qui comprend 14 titres, revisite les classiques du groupe tout en y apportant une touche moderne. Il symbolise l’évolution de leur musique tout en restant fidèle à l’essence du hip-hop des années 90.
Aujourd’hui, Ada Knibal, Gun Mor, Julio l’Absolu et Meuz Goren perpétuent l’héritage de Rapadio, fondé dans les années 90. À l’origine, le groupe s’est fait connaître dans l’underground dakarois avant de marquer l’histoire avec des hits comme Lady Sinaï et Rang bi Dematoul, extraits du projet Senerap 2 en 1995, produit par Positive Black Soul (PBS). Les départs de certains membres, comme Koc Sis et Mc Wakh, ont forgé la légende de Rapadio autour du noyau dur composé de Dëgg Iba et Keyti. Leur succès a pris une ampleur considérable à partir de l’album Ku Weet Xam sa Bopp en 1998, porté par l’arrivée de Daddy Bibson, transfuge de Pee Froiss. Cet album est devenu un phénomène musical et commercial avec des ventes impressionnantes et des concerts d’anthologie à travers le Sénégal et au-delà.
Avec la sortie de Ci Laytay Bassi Bammel, Rapadio affirme qu’il est un patrimoine culturel sénégalais et qu’il ne disparaîtra pas. Les membres actuels ont su faire évoluer leur style, en restant fidèles à l’esprit du groupe tout en ajoutant des éléments contemporains. Le public a pu découvrir cette nouvelle facette du groupe lors du concert qui a eu lieu hier au Théâtre Daniel Sorano, et un autre est prévu ce soir.
Malgré les changements au fil des années, Rapadio a su préserver son identité et sa place dans l’histoire du hip-hop sénégalais. Leur message est clair : Rapadio est une légende vivante et un héritage qui perdure.
Boudal NDIATH