Le PDS, jadis omniprésent dans la sphère politique, est resté étrangement muet sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité. Ni la publication du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques (2019 – 2024), ni la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom – membre du groupe Takku Wallu Senegaal, dont le PDS fait partie – n’ont provoqué de réaction officielle. Pourtant, ces dossiers concernent directement la gestion de l’État et l’équilibre politique du pays.
De même, les tensions sociales croissantes, marquées par des vagues de licenciements et des revendications syndicales, n’ont pas suscité de prise de position de la part des Libéraux. L’arrestation de chroniqueurs, de citoyens et de figures politiques n’a pas non plus entraîné de déclaration du parti, contrairement à d’autres formations de l’opposition qui dénoncent vigoureusement la gestion du pouvoir en place.
Une stratégie dictée depuis Doha ?
Ce mutisme suscite des interrogations : le parti agit-il sur consigne de son leader Karim Wade, exilé au Qatar ? La visite du président Bassirou Diomaye Faye à Karim Wade lors de son déplacement à Doha renforce cette hypothèse. Les discussions entre les deux hommes restent confidentielles, mais elles pourraient expliquer l’attitude actuelle du parti.
Ce silence est d’autant plus surprenant que le PDS avait soutenu la coalition « Diomaye Président » lors de l’élection présidentielle de mars 2024, contribuant à sa victoire au premier tour avec 54,28 % des suffrages. Cependant, lors des législatives anticipées de novembre, le PDS a pris une autre direction en s’alliant avec l’ancien président Macky Sall, autrefois adversaire politique. Cette décision avait conduit à l’exclusion de figures historiques du parti, comme Doudou Wade et Tafsir Thioye, qui avaient préféré se présenter sous la bannière de « Sopi Sénégal ».
Un parti en perte d’influence ?
Le PDS, fondé en 1974 par Abdoulaye Wade, a longtemps été un acteur incontournable de la scène politique sénégalaise. Son absence actuelle dans le débat national marque-t-elle une perte d’influence ou une stratégie de repositionnement ? À l’heure où d’autres partis de l’opposition multiplient les prises de parole, cette posture intrigue et alimente les spéculations.
En attendant une clarification de sa ligne politique, le silence du PDS demeure une énigme qui ne manque pas d’interpeller l’opinion publique.
Boudal NDIATH