Un événement de grande envergure se tiendra à Lomé, la capitale togolaise, du 12 au 14 mai 2025. Organisée par l’Union africaine, cette conférence de haut niveau sur la dette publique en Afrique vise à poser les jalons d’une réponse continentale coordonnée à un fardeau financier qui menace la stabilité économique de plusieurs pays africains.
Placée sous le thème « Agenda de gestion de la dette publique en Afrique : restaurer et préserver la viabilité de la dette », la rencontre rassemblera près de 500 acteurs politiques, financiers et institutionnels issus de tout le continent.
Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, hôte de l’événement, sera accompagné de personnalités de premier plan, dont l’ancien président ghanéen John Dramani Mahama, le vice-président ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, ainsi que Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine.
Les discussions verront également la participation de plusieurs ministres africains des Finances, parmi lesquels Cheikh Diba (Sénégal), Cassiel Ato Forson (Ghana), Adama Coulibaly (Côte d’Ivoire), Vera Daves De Sousa (Angola) et Enoch Godongwana (Afrique du Sud).
Les grandes institutions financières africaines et internationales seront également représentées, avec notamment Serge Ekué (BOAD), Michel Dzombala (BEAC), Kevin Chika Urama (BAD) et Tapsoba Sampawende (Afreximbank). Le dialogue réunira ainsi l’ensemble des acteurs clés en matière de finances publiques, de politique économique et de développement.
La Déclaration de Lomé : une ambition panafricaine
Le point d’orgue de cette conférence devrait être la Déclaration de Lomé, un texte attendu pour fixer les grandes lignes d’un consensus africain sur la gestion et la restructuration de la dette. Il s’agira d’un appel collectif à plus de transparence budgétaire, à une réforme des mécanismes internationaux de restructuration et à des politiques plus adaptées aux réalités économiques africaines.
Cette initiative survient dans un contexte d’urgence. Selon les dernières données du FMI et de la Banque mondiale, 25 pays d’Afrique subsaharienne sont aujourd’hui en situation de détresse liée à la dette, contre seulement 9 en 2012. La dette extérieure moyenne y avoisine désormais 60 % du PIB, une charge qui entrave les capacités d’investissement public, notamment dans les secteurs sociaux.
Une dynamique de continuité et d’action
Cette conférence s’inscrit dans la lignée d’initiatives panafricaines antérieures. En février dernier, à l’occasion de la Déclaration du Cap, dix anciens chefs d’État africains, dont Macky Sall et Olusegun Obasanjo, avaient plaidé pour un allègement global de la dette des pays en développement, basé sur une restructuration équitable impliquant tous les créanciers, et des mécanismes de suspension de la dette.
En réunissant chefs d’État, ministres, économistes et partenaires financiers, la rencontre de Lomé ambitionne de passer des intentions aux actes, en élaborant une feuille de route concrète pour redonner aux économies africaines des marges de manœuvre budgétaires indispensables à leur développement durable.