Le gouvernement sénégalais a réitéré ce vendredi son refus catégorique de toute activité liée à la promotion des questions LGBTQI sur le territoire national. Dans un communiqué officiel rendu public par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE), les autorités ont exprimé leur désapprobation face à un projet conjoint de l’Ambassade des Pays-Bas à Dakar et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH).
Ce projet prévoyait la projection d’un film suivie de discussions autour des questions LGBTQI, au sein même des locaux du Bureau régional du HCDH à Dakar. Une initiative que le gouvernement juge contraire aux « lois, règlements et valeurs fondamentales de la nation sénégalaise », selon les termes du communiqué.
Le ministère rappelle que toutes les activités menées par des missions diplomatiques, organisations internationales ou ONG doivent impérativement respecter la législation en vigueur. Le texte insiste par ailleurs sur l’importance du respect des références culturelles, religieuses et sociales du pays.
« Le Sénégal n’accepte aucune forme de propagande ni de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », martèle le communiqué, dans un langage particulièrement ferme. Le gouvernement va plus loin en se réservant « le droit de prendre toute mesure appropriée contre les organisateurs ou participants de telles initiatives, quels que soient leur origine, statut ou rang ».
Cette déclaration officielle confirme la ligne dure que le Sénégal adopte depuis plusieurs années sur les questions liées à l’identité et à l’orientation sexuelles. Dans le pays, l’homosexualité reste pénalement réprimée par l’article 319 du Code pénal, qui prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour des actes jugés contre nature.
Dans un contexte de pressions croissantes au niveau international pour plus d’ouverture sur les droits des minorités sexuelles, cette prise de position vient rappeler la posture conservatrice que le gouvernement sénégalais entend maintenir. Une posture qui, selon les autorités, vise à préserver l’ »identité culturelle » et les « valeurs traditionnelles » du pays.