Le mouvement And Samm Jikko Yi a réagi avec force dans un communiqué publié cette semaine, dénonçant une dérive profonde des valeurs morales au Sénégal. Point de départ de leur indignation : une vidéo choquante montrant une adolescente de 16 ans, orpheline, impliquée dans une mise en scène à caractère pornographique. Un épisode que le mouvement qualifie de “massacre moral” et de “déchirement identitaire”.
Mais au-delà de ce fait divers tragique, le collectif y voit le reflet d’un mal plus large : celui d’une jeunesse abandonnée à la marchandisation de son image, dans un contexte de perte des repères traditionnels.
« Ce n’est pas seulement une chorégraphie orgiaque. C’est la souillure sur l’âme sans tache de jeunes êtres à l’aube de leur vie », déplore le mouvement.
Un réquisitoire contre l’État et la société
Dans un message sans concession, toutes les composantes de la société sénégalaise sont interpellées : parents, institutions, médias, justice, État. Le mouvement estime que le pays a failli à sa mission de protection des jeunes, sacrifiant ses valeurs sur l’autel d’une modernité sans racines ni discernement.
« L’État devrait rendre les armes si sa jeunesse devient la victime d’un crime organisé contre ses propres fondements sociaux », écrit And Samm Jikko Yi.
Le collectif appelle à une reconquête de la souveraineté culturelle, bien au-delà des slogans politiques, estimant que la véritable indépendance passe par la restauration de la dignité, du sens et des valeurs.
Appel au sursaut national
Face à la montée des dérives morales, et à la glorification de la superficialité par certaines figures d’influence, le mouvement appelle à un réveil collectif. Il prône un retour aux valeurs fondamentales du « ngorr », « jomm » et « kersa », piliers du vivre-ensemble sénégalais.
« Nous refusons d’être sans exister. Et s’il faut choquer pour exister, alors accrochez-vous… », avertit le mouvement, voyant dans les comportements extrêmes de certains jeunes un cri de détresse ignoré.
Pour And Samm Jikko Yi, il est urgent de réagir. Non pas par la répression seule, mais par une restauration éthique et un engagement commun à reconstruire un socle de valeurs partagées. Le communiqué se veut un appel à la responsabilité collective, mais aussi une mise en garde face à une jeunesse en quête de repères dans un monde en perte de sens.
Boudal NDIATH