Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a dressé ce vendredi 10 octobre un large bilan des actions menées par son département dans le cadre de la gestion de l’hivernage 2025. Entre anticipation, coordination interministérielle et chantiers structurants, il a assuré que les efforts entrepris ont permis de réduire considérablement les risques d’inondations à travers le pays.
Une stratégie d’anticipation saluée
Avant d’aborder les résultats obtenus, Cheikh Tidiane Dièye est revenu sur le travail de coordination engagé depuis plusieurs mois. Il a expliqué que son ministère avait anticipé la saison dès le mois d’avril, avant même la publication des prévisions climatiques régionales. Une réunion du Comité national de gestion des inondations (CNGI) s’est tenue le 11 avril 2025 avec la participation inédite des maires, de la société civile et des associations citoyennes. Un Conseil interministériel présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko a suivi le 12 mai, avant la mise en place d’un suivi hebdomadaire en Conseil des ministres et d’une coordination opérationnelle continue sur le terrain. Le ministre a également souligné avoir parcouru plus de 5000 kilomètres dans dix régions afin de superviser et d’accélérer les travaux.
Des réalisations concrètes à l’échelle nationale
Cheikh Tidiane Dièye a indiqué que ces efforts avaient permis d’obtenir des résultats concrets. Il a cité notamment le curage de 594 kilomètres de canalisations, l’entretien de plus de dix hectares de bassins, le pompage de 6,7 millions de mètres cubes d’eau et la mobilisation de 210 camions hydrocureurs. Dix stations hydrométriques automatiques ont été installées avec un système de télétransmission et un radar météorologique couvrant Dakar, Thiès et Mbour sur un rayon de 60 kilomètres. Le ministre a également évoqué la construction de deux bassins de rétention à Kidira d’une capacité de 20 000 mètres cubes chacun, le déplacement et l’indemnisation de plusieurs places d’affaires dans la même zone, ainsi que la réalisation de huit digues totalisant quinze kilomètres, dont 3,5 kilomètres de murs de soutènement. Des passerelles, des ouvrages de franchissement et des travaux de stabilisation ont également été réalisés dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment à Dioly, Manda et Fanaye. À Touba, Keur Massar, Rufisque, Kaolack et Tivaouane, les interventions du ministère ont eu un impact direct sur des dizaines de milliers de personnes. Le budget de la Matrice d’actions prioritaires de lutte contre les inondations a, par ailleurs, été augmenté de 50 % dans la Loi de finances rectificative, passant de 2,6 à 6,4 milliards de francs CFA.
Une collaboration élargie à d’autres ministères
Cheikh Tidiane Dièye a insisté sur la nécessité de maintenir cette dynamique à travers une collaboration étroite avec d’autres départements. Avec le ministère de l’Environnement, il est prévu de travailler à la préservation des zones humides afin d’éviter les agressions humaines et d’en faire des exutoires naturels des eaux de ruissellement. En partenariat avec le ministère de l’Urbanisme, un Plan de Prévention du Risque d’Inondation (PPRI) pour la zone du Lac Rose sera lancé le 23 octobre. Le ministre a également annoncé la mise en place d’un plan d’entretien permanent des ouvrages de drainage et de pompage, ainsi que l’intégration du paramètre d’altitude dans toutes les opérations de lotissement et de délivrance d’autorisations de construire, afin d’empêcher les constructions dans les zones basses.
Un discours de résultats et de continuité
En dressant ce bilan, Cheikh Tidiane Dièye a tenu à mettre en avant les résultats concrets de la politique gouvernementale dans la gestion des inondations. Il a surtout insisté sur la nécessité d’une planification durable, au-delà des urgences de l’hivernage. Pour lui, la lutte contre les inondations ne doit plus être saisonnière, mais s’inscrire dans une stratégie permanente et coordonnée de résilience urbaine et rurale.
Boudal NDIATH