La contestation étudiante pour le paiement des bourses a pris une nouvelle tournure ce lundi, avec une escalade de violences à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et une propagation du mouvement à d’autres campus du pays.
À Dakar, la journée a été particulièrement tendue. Selon L’Observateur, de violents affrontements ont opposé le Collectif des amicales aux forces de l’ordre, déployées en nombre avec deux chars anti-émeutes. Le bilan est lourd : cinq policiers, dont un officier, ont été blessés. Du côté des étudiants, un responsable du Collectif souffre d’une fracture au bras, en plus de plusieurs blessés légers.
Les policiers seraient intervenus jusque dans le campus pédagogique, un fait qui a ravivé la colère des étudiants, ces derniers dénonçant une violation des « franchises universitaires ». Les forces de l’ordre, citées par le quotidien du Groupe Futurs Médias (GFM), soutiennent pour leur part que ces franchises ne concernent que le campus social, non le campus pédagogique.
Face à cette situation explosive, le Collectif des amicales a annoncé la suspension de toutes les activités pédagogiques jusqu’à nouvel ordre.
Le mouvement de colère ne se limite plus à Dakar. À l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB), les étudiants protestent également contre le retrait de plus de 7 000 boursiers des fichiers de paiement et le non-versement prolongé des allocations pour les étudiants en Master. Les heurts sur place ont occasionné d’importants dégâts matériels et perturbé la circulation.
La tension gagne aussi l’Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN), où des étudiants ont érigé des barricades et bloqué certains axes routiers pour exiger le paiement de leurs bourses, rapporte L’Observateur.
Boudal NDIATH