À Mohammedia, la Coupe d’Afrique des Nations ne se regarde pas seulement à la télévision : elle se vit intensément dans les cafés et restaurants de la ville. À l’approche de la demi-finale entre le Sénégal et l’Égypte, plusieurs établissements étaient déjà bondés bien avant le coup d’envoi. Écrans géants allumés, chaises rapprochées, discussions animées : l’atmosphère était électrique.
Dans le quartier paisible de Waafa, un café très fréquenté s’est transformé en véritable lieu de rassemblement footballistique. Autour des écrans, on retrouvait des Marocains mais aussi des ressortissants d’autres pays africains et étrangers, tous unis par la même passion du ballon rond — et surtout par leur soutien aux Lions du Sénégal.
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’accueil chaleureux des Marocains. Sourires, hospitalité, échanges cordiaux : chacun se sent à l’aise. Ici, le Sénégal bénéficie d’une grande sympathie, bien au-delà des frontières.
Tout au long du match, chaque action sénégalaise est commentée avec ferveur. Les centres, les frappes, les corners suscitent cris, applaudissements et analyses improvisées. Et lorsque Sadio Mané inscrit le but décisif à la 78ᵉ minute, le café explose de joie. Des applaudissements fusent de partout, des verres se lèvent, des cris de célébration résonnent dans la salle : c’est la liesse totale.

Abdallah, Marocain ayant longtemps séjourné au Sénégal, témoigne avec émotion :
« Le Sénégal joue un football très structuré. Nous sommes contents de cette équipe, mais aussi fiers d’avoir accueilli le peuple africain au Maroc pour cette CAN. C’est vraiment une belle fête pour notre pays. Le Sénégal est comme une deuxième patrie pour moi. J’aime ce pays et son peuple, et je suis heureux pour eux ce soir. »
Un peu plus loin, Ahmed, grand passionné de football, ajoute :
« Le Sénégal est aujourd’hui une référence en Afrique, avec de grands joueurs évoluant dans les meilleurs clubs du monde. Cette qualification en finale est largement méritée. »
Dans ce café de Mohammedia, situé dans le quartier tranquille de Waafa, le football crée un moment unique de partage. Des Marocains et des personnes de différentes nationalités, réunis par leur amour du jeu, ont suivi le match avec passion et ont célébré la victoire sénégalaise comme si elle était la leur.
Au coup de sifflet final, les discussions se poursuivent dehors, sous les lampadaires : analyses, pronostics pour la finale, souvenirs de grands matchs africains… et surtout cette conviction que le football peut rassembler au-delà des frontières.
À Mohammedia, ce soir-là, la CAN a été bien plus qu’un match : un moment de fraternité et de joie collective.


Boudal NDIATH (Envoyé spéciale au Maroc )