Le bras de fer judiciaire entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang franchit une nouvelle étape. L’ancien ministre a engagé une action devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, cette fois sur le terrain civil, marquant un élargissement notable d’un dossier déjà lourd d’enjeux politiques, judiciaires et financiers.
Cette procédure intervient dans un contexte de relance du dossier pénal, après la requête en révision du procès introduite par Ousmane Sonko. En réponse, Mame Mbaye Niang conteste désormais la légalité d’une opération immobilière qu’il estime destinée à empêcher l’exécution d’une décision de justice devenue définitive.
Selon les éléments rapportés par L’Observateur, l’action porte sur un immeuble situé à la Cité Keur Gorgui, d’une superficie de 264 m², enregistré sous le titre foncier n°530/GR (lot R/17). L’ancien ministre soutient que le bien aurait fait l’objet d’une mutation au profit des membres de la famille de son adversaire, dans le but présumé de soustraire ce patrimoine au paiement des dommages et intérêts consécutifs à la condamnation pour diffamation et injures publiques.
Dans cette procédure, Ousmane Sonko n’est pas le seul mis en cause. Ses deux épouses, Khady Kébé et Anna Diamanka, ainsi que ses enfants, sont également visés par l’assignation, au motif qu’ils seraient bénéficiaires de la mutation contestée.
Le dossier ne s’arrête pas aux seules parties privées. La défense de Mame Mbaye Niang met également en cause le conservateur de la propriété foncière de Grand-Dakar, Mor Ndiaye, soupçonné d’avoir facilité l’opération incriminée, ce qui introduit une dimension administrative et institutionnelle dans le contentieux.
Lors d’une sortie médiatique, les avocats de l’ancien ministre ont confirmé l’ouverture de cette action civile et annoncé une demande de réparation financière d’un montant de 500 millions de francs CFA, réclamée solidairement aux personnes assignées. Une revendication qui renforce la portée financière de cette affaire, désormais engagée sur plusieurs fronts judiciaires.
Boudal NDIATH