La sardinelle, appelée yaboye en wolof et ingrédient central du Thiébou Dieune, fait face à une pression croissante liée à la surpêche industrielle, à la demande des usines de farine de poisson et aux effets du changement climatique.
Réunis ce jeudi à Dakar, des experts et décideurs de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau ont acté la nécessité de mesures urgentes pour préserver les stocks de cette ressource essentielle à la sécurité alimentaire régionale.
Les participants, réunis dans le cadre du groupe de travail « recherche-aménagement » de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), ont estimé que des décisions concrètes doivent désormais être mises en œuvre.
Un repos biologique recommandé
Parmi les mesures retenues figure l’instauration d’un repos biologique coordonné entre les pays concernés.
Pour Matthieu Bernardon, expert à la FAO, la démarche consiste à « arrêter la pêche pour un moment » afin de permettre à la ressource de se reconstituer.
Selon lui, un consensus existe déjà sur les périodes de fermeture :
- septembre-octobre en Mauritanie ;
- mai-juin-juillet au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau.
« Il faut mettre en application ces mesures le plus tôt possible », a-t-il indiqué.
Un enjeu régional
La sardinelle constitue une source de protéines accessible pour des millions de ménages en Afrique de l’Ouest et représente également un pilier de l’activité des pêcheurs artisanaux.
Les experts appellent ainsi à une coordination effective entre États afin d’assurer l’application harmonisée des périodes de repos et de renforcer la gestion durable de la ressource.
Boudal NDIATH