La procédure d’extradition visant Madiambal Diagne connaît un sérieux coup d’arrêt. Comme l’ont rapporté TV5Monde et l’AFP ce mardi, la chambre de l’instruction a décidé de surseoir à statuer, réclamant un supplément d’information avant toute décision définitive. La justice française demande en particulier aux autorités sénégalaises d’apporter des clarifications sur les « points d’inquiétude » soulevés par la défense, notamment en ce qui concerne les garanties de respect des droits de l’accusé s’il devait être renvoyé au Sénégal.
Au micro de TV5Monde, l’avocat de Madiambal Diagne, Me Vincent Brengarth, a salué ce développement, qualifiant la décision de la cour de « première victoire » face à ce qu’il estime être une affaire politiquement instrumentalisée. La cour d’appel a explicitement demandé la transmission de documents et d’informations complémentaires sur la procédure sénégalaise et sur le cadre juridique applicable, laissant entendre que le dossier initialement transmis par Dakar est jugé insuffisant pour justifier une extradition dans l’immédiat.
Malgré les accusations de complot politique brandies par la défense, les autorités sénégalaises maintiennent des charges sérieuses contre l’homme d’affaires. Madiambal Diagne est recherché pour des faits présumés d’escroquerie et blanchiment, dans le cadre de marchés publics portant sur des infrastructures judiciaires évaluées à plusieurs centaines de milliards de francs CFA. Ces contrats passés sous l’ancienne administration font actuellement l’objet d’investigations approfondies de la part de la DIC.
Ce renvoi offre donc un répit de plusieurs mois à l’homme d’affaires, qui a quitté le Sénégal fin septembre dans des circonstances encore entourées de zones d’ombre. Sa fuite continue de susciter des tensions à Dakar, où plusieurs journalistes ayant relayé ses déclarations ont eux-mêmes été convoqués par la gendarmerie. En attendant la prochaine audience prévue en février 2026, la justice française place désormais la pression sur le parquet sénégalais, appelé à compléter son dossier pour espérer relancer la procédure.
Boudal NDIATH