Le Sénégal confirme son ascension dans le secteur aurifère africain. Dans une analyse récente, la journaliste Fatoumata Diallo publiée par Jeune Afrique met en lumière la montée en puissance du pays, longtemps resté en retrait face à certains voisins mieux établis dans l’exploitation de l’or.Aujourd’hui, plusieurs facteurs concourent à ce repositionnement stratégique. D’une part, la hausse soutenue des prix de l’or sur les marchés internationaux renforce la rentabilité des projets miniers. D’autre part, les tensions sécuritaires et politiques persistantes dans le Sahel redirigent les investissements vers des zones jugées plus stables. Dans ce contexte, le Sénégal apparaît comme une destination privilégiée pour les opérateurs étrangers.
Cette attractivité se traduit concrètement dans les chiffres. En 2025, la production nationale a atteint 10,4 tonnes d’or, faisant du métal précieux la première ressource minière du pays. Cette performance repose notamment sur les activités de groupes majeurs comme Endeavour Mining, dont le complexe de Sabodala-Massawa devrait franchir le cap des 300 000 onces d’ici à fin 2026, porté par des investissements significatifs.
Les retombées économiques sont tout aussi notables. D’après les données de Agence nationale de la statistique et de la démographie, la valeur de la production aurifère a dépassé les 655 milliards de F CFA en 2025. Dans le même temps, l’État sénégalais a perçu près de 71 milliards de F CFA sous forme de dividendes versés par les sociétés minières, renforçant ainsi les recettes publiques.
Par ailleurs, l’intérêt croissant pour le sous-sol sénégalais attire de nouveaux acteurs d’envergure. L’australien Resolute Mining poursuit l’exploitation du site de Mako, tandis que le groupe marocain Managem a récemment lancé la production de la mine de Boto. Dans cette dynamique, Fortuna Mining prévoit d’investir 100 millions de dollars dans le projet Diamba Sud.
À la croisée d’un contexte international favorable et d’une stabilité politique relative, le Sénégal consolide ainsi sa position sur la carte minière africaine et s’affirme progressivement comme un acteur incontournable de l’or.
Boudal NDIATH