L’ancien animateur emblématique de Couleurs Tropicales, Claudy Siar, sort du silence après son départ de Radio France Internationale (RFI). Invité du média digital Décrypter l’Afrique, il affirme avoir été licencié en raison de ses convictions et dénonce les conditions de son départ, qu’il juge profondément injustes.
Le journaliste et homme de médias estime que les indemnités qui lui ont été proposées sont largement insuffisantes au regard de ses 31 années de collaboration avec la radio.
« Ce qu’on m’a proposé en termes d’indemnité n’est pas acceptable. On ne peut pas offrir à quelqu’un un montant inférieur à celui accordé à d’autres personnes restées moins longtemps, qui n’avaient ni la notoriété ni l’impact que j’avais à l’antenne. Je n’ai pas accepté d’être traité comme ça, parce que me traiter ainsi, c’est traiter les Africains de la même manière », a-t-il déclaré.
Selon Claudy Siar, cette situation illustre un traitement inégal dont seraient victimes de nombreux Africains évoluant dans les médias français. Il regrette que leur contribution soit souvent sous-évaluée par rapport à celle d’autres collaborateurs.
L’animateur a également révélé un élément qu’il considère comme particulièrement surprenant : malgré plus de trois décennies passées à RFI, il n’a jamais bénéficié d’un contrat à durée indéterminée (CDI).
« J’étais en CDD depuis 31 ans. J’étais le seul à assurer une émission quotidienne sans CDI. Au moment de discuter de mes droits avec France Travail, cela s’est immédiatement ressenti. Sans CDI, vous n’avez pas les mêmes droits, et c’est inacceptable », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, Claudy Siar assure vouloir faire valoir ses droits devant la justice. Il précise toutefois que sa démarche ne vise pas à alimenter une polémique contre son ancien employeur.
« Cette affaire se règlera devant les tribunaux. Je ne souhaite pas créer de polémique. Je dois beaucoup à cette maison, qui m’a permis de construire une relation forte avec l’Afrique. J’ai énormément de respect pour les femmes et les hommes qui y travaillent. Mon intention n’est pas de jeter l’opprobre sur ceux qui font vivre cette radio au quotidien », a-t-il conclu.
Désormais chargé de mission auprès du président béninois Romuald Wadagni, Claudy Siar entend défendre ses droits devant les juridictions compétentes tout en réaffirmant son attachement à l’institution qui a marqué une grande partie de sa carrière.
Boudal NDIATH