Le Sommet One Health de Lyon s’est achevé ce mardi sur une déclaration forte portée par les pays africains. À travers une voix collective structurée autour de Galien Africa, le continent ne veut plus subir les crises mondiales. Il entend désormais les anticiper, les gérer et surtout décider.Face à l’enchaînement des crises sanitaires, climatiques et alimentaires, les acteurs africains ont lancé un message clair : le modèle mondial de santé doit changer et l’Afrique veut en être un pilier central.
Une déclaration adoptée met le focus et l’urgence sur le changement climatique qui fragilise les systèmes de santé, sur la perte de biodiversité qui menace directement la sécurité alimentaire et sur la dégradation des ressources naturelles qui aggrave les vulnérabilités et les pays du Sud paient le prix fort.
L’Afrique ne se limite pas aux diagnostics. Elle propose une feuille de route ambitieuse en 10 axes, parmi lesquels : institutionnaliser l’approche One Health dans les politiques publiques, créer des systèmes d’alerte précoce reliant santé, climat et environnement, investir massivement dans les données et les technologies, soutenir les innovations locales adaptées aux réalités africaines, développer une industrie pharmaceutique et vaccinale continentale, former une nouvelle génération d’experts multidisciplinaires, renforcer la coordination entre acteurs, impliquer pleinement les communautés, les jeunes et les femmes, donner un rôle stratégique aux médias et à la société civile et surtout, imposer un leadership africain dans la gouvernance sanitaire mondiale.
Au cœur de cette déclaration, un concept revient avec insistance : « la souveraineté sanitaire ». En effet, selon les participants, il est urgent que l’Afrique produise ses propres médicaments et vaccins, maîtrise ses données sanitaires et climatiques, développe des solutions locales face aux crises globales. L’objectif visé est de réduire la dépendance structurelle et renforcer la résilience du continent.
Le ton de la déclaration est sans ambiguïté : « Il ne s’agit plus de promesses, mais d’actions. » Les signataires appellent à des engagements concrets et mesurables, des financements adaptés et une mise en œuvre rapide des solutions proposées.
L’approche One Health est désormais présentée comme un levier stratégique pour le développement durable, la résilience climatique et l’équité en santé. Ainsi, les pays africains ont envoyé un signal fort à la communauté internationale : « l’Afrique ne veut plus être un terrain d’intervention, mais un acteur de décision. »
Cette déclaration marque ainsi une étape importante vers une diplomatie sanitaire africaine plus affirmée, plus coordonnée et plus influente.Reste désormais un défi de taille : transformer cette ambition en réalité
Mbagnick DIOUF